L’impossible “vivre ensemble”

Le choix terrible que font ceux qui, sur notre territoire, soutiennent ou justifient les attentats contre la France supprime toute possibilité de “vivre ensemble”.

Juste après les attentats de janvier, l’expression “vivre ensemble” revenait sans cesse dans la bouche de Hollande et de ses ministres. Suite aux attaques du vendredi 13 novembre, elle est à nouveau mise sur le devant de la scène. Pourtant, tout comme le #padamalgam, plus il est répété, moins ce “vivre ensemble” paraît aller de soi. L’implorer sans cesse finit par rendre grotesque ce qui sonne affreusement creux.

Et ce sont les politiques qui nous ont menés dans le mur qui ont le toupet de nous ressortir encore les mêmes vieilles recettes qui n’ont jamais fonctionné. “Travail associatif”, “prévention”, “politique de la ville”… toujours les mêmes mots-clefs ressassés pour présenter comme actif un État déboussolé, impuissant sur son propre territoire. Heureusement, si ce cirque-là trompe encore, il trompe moins, et moins longtemps.

Certains pourraient se dire que ces “actions” de l’État ont peut-être “limité les dégâts”, mais les contribuables sentent que leurs impôts sont versés dans un tonneau des Danaïdes national. Un gaspillage général organisé au détriment des Français pour entretenir un statu quo intenable à moyen et long terme. Ainsi, 438 millions d’euros seront affectés à la “politique de la ville” en 2016 selon le projet de loi de finances. Priorité est donnée à une vague “formation à la laïcité et aux valeurs de la République”. Avec une hausse du budget de 4 % en ce domaine, l’État dépense toujours davantage mais jamais la question de l’efficacité de ces méthodes n’est posée.

Passons sur les moqueries de “jeunes” sur Twitter à propos de “pleurnichages” (sic) de “babtou” après les attentats. Laissons de côté les “incidents” signalés durant la minute de silence dans l’ensemble de nos académies. Il faut nous attarder sur le choix terrible qui est fait par ceux qui, en France, décident de soutenir ou de justifier les attentats qui endeuillent la communauté nationale. Ces personnes-là décident de s’exclure d’elles-mêmes et, en prenant parti pour les islamistes qui massacrent des Français, rendent impossible tout “vivre ensemble”. Imaginez un instant que, dans une famille, un des membres souhaite ouvertement la mort d’un autre membre : pensez-vous que la cohabitation sous le même toit se passerait bien ? Il en est de même à l’échelle de la nation.

Dans son discours Qu’est-ce qu’une nation ? énoncé en 1882, Ernest Renan affirmait que “ce qui constitue une nation, […] c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir”. Il faut donc que les personnes qui aiment citer Renan aient l’honnêteté logique de conclure que tous ceux qui possèdent la nationalité française ne participent plus pour autant à la formation d’une nation. Avec des volontés et des intérêts si divergents, il ne peut pas davantage y avoir de “vivre ensemble”.

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