et l’Alsace s’apprêtent à célébrer à leur tour le 70e de leur , le 23 novembre prochain, mais on ignore toujours si sera de la partie, comme il l’a été un peu partout en France, depuis la du Débarquement. Les discussions sont en cours, explique-t-on, un peu gêné, à la mairie socialiste de Strasbourg : « L’Élysée n’a pas dit non pour le moment, le Président a pris une option. » L’absence des plus hautes autorités de l’État n’étonnerait guère en Alsace où déjà en juin dernier, en mémoire de l’évacuation du seul camp de concentration nazi en France, les survivants du Struthof attendaient pour le moins un… ministre. Mais ni , secrétaire d’État aux Anciens combattants, ni Valls ou même Hollande ne l’avaient noté dans leur agenda…

Les Alsaciens, une fois de plus, s’interrogent s’ils sont des Français à part entière où si Marianne continue de les prendre pour des boches, comme le montrent leurs relations parfois contrariées avec la mère patrie. Cette histoire aussi compliquée que passionnelle remonte au traité de Francfort à la fin de la guerre de 1870, lorsque l’Alsace et une partie de la Lorraine sont cédées à la Prusse, avec l’assentiment majoritaire de l’Assemblée nationale française réunie à Bordeaux. Autant dire que ce vote sera perçu en Alsace-Moselle comme un abandon de la France, un sentiment que partageront également les survivants des quelque 380.000 « soldats du Kaiser » obligés de servir dans l’armée impériale allemande lors de la Grande Guerre. “La République française s’est toujours trouvée gênée, vis-à-vis de ces soldats, et ne leur a jamais tendu la main, estime à juste titre l’historien mosellan Pascal Flaus, ils n’ont jamais été considérés comme des “poilus”, le surnom donné aux “vrais soldats français” de la Première Guerre mondiale.”

Il en sera de même en 1945 lors du retour des incorporés de force de l’Alsace-Moselle annexée une seconde fois en 1940, ces « malgré-nous » qui auront du mal à se faire reconnaître comme Français, contraints et forcés de revêtir l’uniforme vert-de-gris. Des Alsaciens et, partant, des Français, « forcés » de « servir » dans l’armée allemande et qui plus est dans la division Das Reich d’Oradour-sur-Glane ? Vous plaisantez ! Culpabiliser ainsi les Alsaciens et les Mosellans, c’était sous-entendre de mille et une manières que ce qui leur était arrivé sous le régime nazi, c’était aussi de leur faute. « Insinuez, insinuez, il en restera toujours quelque chose », dit le proverbe. Insinuez ou ignorez…

En laissant planer un doute sur leur venue, Valls et Hollande ne font pas autre chose, car les survivants des « malgré-nous », de leurs orphelins, ou encore des « malgré-elles » les attendent également sur cet aspect encore passionnel du « retour » de l’Alsace-Moselle à la France dont on célèbre le 70e anniversaire cette année. Et de savoir, une fois pour toutes, si Marianne les prend toujours pour des boches.

19 octobre 2014

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