La presse nous réserve parfois de surprenantes coïncidences : alors que Valeurs actuelles titre « Ces assistés qui ruinent la France », on apprend que la famille Dibrani a déposé un nouveau recours contre la décision d’expulsion de l’automne 2013. C’est reparti pour un épisode Leonarda !

« L’affaire » rebondit donc. Au-delà de la question, tragiquement humaine, d’une famille manipulée par les officines de bien-pensance, elle illustre parfaitement les dérives du système français d’assistance aux démunis.

De Mitrovica, l’adolescente déclare (à qui ?) : « On meurt de faim, on n’a pas de travail. » C’est bien là, le problème : les Dibrani veulent revenir en France, parce qu’ils savent qu’ici, ils n’auront pas plus de travail mais ne mourront pas de faim. Le contribuable français y pourvoira. Au prix du travail (réel, celui-ci !) de millions de Français actifs, des taxes et impôts qui pèsent sur l’ensemble de la population non assistée, des milliards d’allocations, subventions et secours sont dépensés chaque année pour nourrir, loger, chauffer et soigner des personnes, des familles qui non seulement ne travaillent pas, mais encore ne parlent pas notre langue. C’est la loi.

En France, les Dibrani recevront, de façon parfaitement légale, l’Assistance médicale d’État. C’est-à-dire les soins gratuits, sans ticket modérateur. Valeurs actuelles détaille la palette des prestations auxquelles, clandestins ou réguliers, ils auront droit. C’est la loi.

Enfin, pour faire valoir leurs droits, les Dibrani, étrangers résidant à l’étranger, bénéficient de l’aide juridictionnelle : une justice gratuite aux frais de l’État. Une indemnisation versée par l’État à l’avocat, à l’origine destinée à permettre aux plus démunis d’accéder à la justice. Un système imparfait, source d’abus, qui ne satisfait personne, mais dont nul ne remet en cause la nécessité. Sauf que, là, il s’agit d’une famille étrangère qu’une décision française exécutoire a fait sortir du territoire. L’article L312-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers le prévoit expressément ! Là encore, c’est la loi.

La publicité autour du cas des Dibrani constitue un retour au réel. Elle introduit une question morale : peut-on, au nom d’un sentiment honorable et généreux d’accueil de l’étranger, mettre en péril la cohésion sociale d’une nation, spolier ses forces vives et imposer à son peuple, au nom de ces mêmes bons sentiments, un poids économique insupportable ?

Aucune bonne âme ne manquera à l’appel pour répondre oui. Les mêmes s’effrayeront plus tard des conséquences de leur aveuglement. À ceux-là, il faut redire qu’on ne fait pas de bonne politique avec de bons sentiments. Pas plus qu’en enfouissant la tête dans le sable. Le courage, en politique, consiste à affronter le réel et à dénoncer les causes dont on déplore les effets. Parmi lesquelles deux tabous français : l’immigration et l’européisme béat. Le courage consiste aussi à traiter ces sujets avec intelligence, bienveillance et humanité. Vingt-cinq siècles de civilisation devraient nous y aider.

3 mai 2014

À lire aussi

Il y a vingt ans, Outreau

Le scandale d’Outreau est celui d’une Justice enfermée dans un fonctionnement cloisonné et…