L’Afrique du Sud, la grande illusion ?

62 % des vingt-cinq millions d’électeurs sud-africains ont voté pour l’ANC lors de l’élection législative et présidentielle qui vient de se dérouler en Afrique du Sud.

Cinquième consultation électorale depuis la fin du système d’apartheid, celle de la semaine dernière a donné au président Jacob Zuma un nouveau mandat de cinq ans et à l’ANC une victoire confortable de 62 % mais diminuée par rapport aux dernières élections de 2008 (67 %). Le principal parti d’opposition, le DA (Democratic Alliance) de Helen Zille est en nette progression(23 % contre 16 % en 2008). À l’aile gauche de l’échiquier politique sud-africain, l’EFF (Economic Freedom Fighters) de l’extrémiste noir Julius Malema récolte un peu moins de cinq pour cent des votes. Il faut rappeler que celui-ci est l’inventeur du slogan « Un fermier, une balle »…

Cette élection a consacré une nouvelle fois la dominante raciale du fonctionnement de ce pays. Ceux qui regardaient jusqu’ici l’Afrique du Sud par le prisme de la grand-messe mondiale orchestrée lors de la mort de Mandela devront réviser leur jugement sur la prétendue nation arc-en-ciel appelée de tous ses vœux par l’ex-président sud-africain. Malgré l’arrivée sur le “marché électoral” des 1,9 million de jeunes “Born Free”, les 18-20 ans nés après l’apartheid et censés être débarrassés du carcan historique de cette période qu’ils n’ont pas connue, le fractionnement ethnique de la société sud-africaine est une réalité qu’on ne peut ignorer.

La presque totalité des noirs ont voté pour l’ANC malgré la corruption, les scandales et la gabegie institutionnalisée qui règnent au niveau du gouvernement. Ceux qui restent, c’est-à-dire les dix pour cent de blancs et dix pour cent de métis, ont donné massivement leurs voix au DA, déçus du “nettoyage ethnique” dans les entreprises et la fonction publique mis en place par le gouvernement au nom de la discrimination positive censée favoriser l’emploi des noirs.

Même si la dernière élection n’a donné lieu à aucune violence, l’Afrique du Sud reste la proie de violences urbaines quotidiennes, d’attaques et de meurtres de fermiers blancs dont personne ne parle. Un chômage à 25 % et une croissance en berne de seulement 1,9n % sont les clés angoissantes de l’Afrique du Sud postélectorale…

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