Accueil Editoriaux Jean-François Copé : le Goethe de la rue de Vaugirard…
Editoriaux - Politique - Table - 24 juin 2014

Jean-François Copé : le Goethe de la rue de Vaugirard…

Ancien secrétaire général désigné, puis président (mal) élu de l’UMP, l’indémontable , dans l’urgence, a déposé vendredi dernier sur le bureau de l’Assemblée nationale deux propositions de loi visant à assurer la nécessaire transparence de la vie politique. Si ses collègues discutent et votent le projet présenté par le vautour de Meaux, les partis politiques seront désormais tenus de soumettre à la Commission nationale des comptes de campagne l’intégralité de leurs propres comptes correspondant à la période pendant laquelle ils auraient soutenu un candidat en campagne.

On ne serait donc pas autrement étonné, lorsque le cas de Jérôme Lavrilleux sera soumis au bureau politique de l’UMP, que M. Copé, qui en est toujours membre, vote en vrai Romain l’exclusion de celui qui fut son protégé, puis son bras droit, son exécuteur des basses œuvres et, pour finir, son âme damnée. Après tout, pourquoi Fofana ne demanderait-il pas le rétablissement de la peine de mort pour les meurtres accompagnés d’actes de barbarie ? Pourquoi
M. Balkany ne réclamerait-il pas l’alourdissement des peines qui frappent la fraude fiscale et le blanchiment d’argent ? Pourquoi M. Chirac n’exigerait-il pas d’être jugé et condamné pour les agissements délictueux dont il s’est rendu coupable pendant les seize ans où il fut maire de Paris ?

Dans l’étonnante démarche de M. Copé, qui souhaite donc, si l’on a bien compris, que l’on en finisse avec l’époque, assez récente pour qu’il l’ait bien connue, où certains dirigeants politiques n’hésitaient pas à maquiller une comptabilité qu’ils savaient — et pour cause — insincère, frauduleuse et, qui sait, truquée dans leur intérêt personnel, certains verront au choix la preuve de son humour, ou de son inconscience, ou de son incroyable culot, ou les trois à la fois.

Quelle erreur ! Jean-François Copé a enduré pendant des années de terribles souffrances morales, obligé qu’il était de vivre dans l’opacité et de couvrir des dévoiements qu’il désapprouvait et de feindre des mœurs qu’il détestait. C’est seulement aujourd’hui que, libéré de ses anciennes attaches et de ses lourdes responsabilités, il peut enfin soupirer, comme Goethe sur son lit de mort : « Plus de lumière ! » Jean-François Copé est un poète.

À lire aussi

Dominique Jamet : “Les Français apprécient chez François Mitterrand la bonne tenue, contrairement à Macron”

Imprimer ou envoyer par courriel cet articleUn récent sondage place François Mitterrand me…