Editoriaux - Justice - Politique - Société - Table - 16 octobre 2014

Quand Jacques Toubon a des principes…

Cette fois-ci, c’est le Défenseur des droits qui veut reconnaître les enfants GPA…

Quelques jours après le retournement de veste aussi spectaculaire que peu crédible de Manuel Valls sur la GPA, le Défenseur des droits Jacques Toubon vient le contredire en appelant le gouvernement à « donner une identité en France aux enfants » nés de gestation pour autrui (GPA) à l’étranger.

Il ne fait que suivre à la lettre l’avis rendu par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui condamnait la France, en juin dernier, pour son refus de reconnaître les enfants nés aux États-Unis par GPA. Mais il se conforme également à la circulaire Taubira, qui demande rigoureusement la même chose.

Or, le gouvernement n’a pas fait appel de la décision de la CEDH et n’a jamais retiré cette circulaire. Impossible, donc, de croire les belles paroles ; la position de Jacques Toubon est la seule logique : il travaille activement à la légalisation de la GPA par la politique du fait accompli tandis que le gouvernement feint d’être passif.

Lorsque les opposants à la loi Taubira affirmaient que cette dernière mènerait inévitablement à la PMA et à la GPA, tous répondaient, entre deux insultes, que l’argument était ridicule.

Et pourtant, les faits sont là, la France est dans une impasse et ces rebondissements sans fin prouvent que la seule solution cohérente pour bloquer la GPA serait d’abroger la loi Taubira.

En attendant, le gouvernement laisse donc des adultes piétiner l’intérêt de l’enfant en l’arrachant à sa mère et en lui fixant un prix, puis se couche devant ceux qui invoquent ce même intérêt le jour de l’adoption. Ils encouragent des adultes à créer l’injustice en acceptant de les reconnaître ensuite comme le remède à cette même injustice. Ils sont donc les premiers responsables de la fabrication d’enfants ayant un prix et risquant ainsi de perdre leur valeur inestimable…

Jacques Toubon se fait simplement porte-parole cohérent de la politique menée par ce gouvernement malhonnête, incapable d’assumer la révolution qu’il poursuit.

Car, une fois n’est pas coutume, Manuel Valls avait vu juste : la transcription automatique des actes de filiation d’enfants nés par mère porteuse à l’étranger équivaut « à accepter et normaliser la GPA ».

Mais à force de ne rien dire ni faire, le petit jeu apparaît au grand jour, le gouvernement laisse faire par des intermédiaires pour ensuite se dédouaner.

C’est pas nous, c’est un fait.
C’est pas nous, c’est une décision de justice.
C’est pas nous, c’est la CEDH.
C’est pas nous, c’est le Défenseur des droits… Personne n’est dupe.

Et le triste sketch continue… Jacques Toubon a bien affirmé qu’il était, en revanche, hors de question de légaliser la GPA en France. Comprenez bien : vous pouvez y avoir recours, les enfants seront nationalisés, mais soyez gentils de faire le chèque de l’autre côté de la frontière, nous avons des principes !

Quant à la PMA – l’autre conséquence inévitable de la loi Taubira –, Jacques Toubon marche dans les pas de François Hollande : il faut attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Ce comité que le Président avait remanié pour en sortir toutes les autorités religieuses et opposants politiques, et les remplacer par des copains aussi révolutionnaire que lui.

Tu parles d’un frein…

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