Le Conseil d’État et la Justice au chevet de SOS Méditerranée

©Commander, U.S. Naval Forces Europe-Africa/U.S. 6th Fleet/Wikimédia
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Pour SOS Méditerranée, tout va pour le mieux. Le lundi 13 mai, le Conseil d’État a rendu une décision favorable à l’association de sauvetage en mer. La plus haute administration française a entériné le fait qu’« une collectivité territoriale peut légalement apporter un soutien financier à SOS Méditerranée pour son action humanitaire de sauvetage en mer ».

Elle juge que l’action de l’association pro-migrants « est menée en conformité avec les principes du droit maritime international qui prévoient l’obligation de secourir les personnes se trouvant en détresse en mer et de les débarquer dans un lieu sûr dans un délai raisonnable, quel que soit leur nationalité ou leur statut, et juge qu’elle n’est pas contraire aux engagements internationaux de la France ».

 

Une explication alambiquée

 

Les sages précisent, également, « que l’activité de sauvetage en mer de SOS Méditerranée est bien une action internationale à caractère humanitaire, et non une action de nature politique ». Ils ajoutent : « Le fait que les responsables de SOS Méditerranée [aient] pris des positions dans le débat public sur la politique de l’Union européenne et de certains États en matière de sauvetage en mer des migrants en Méditerranée ne suffit pas à interdire aux collectivités territoriales d’apporter un soutien à son activité opérationnelle de sauvetage en mer. » En résumé, le Conseil d’État explique que SOS Méditerranée peut s'immiscer dans le débat politique sans faire de la politique.

Sur son compte X, Marine Le Pen n’a pas manqué de faire remarquer que la décision de l’institution était ambiguë : « Le sauvetage en mer n’implique pas de débarquer les migrants dans des pays européens déjà submergés. En feignant d’ignorer le projet politique des ONG d’extrême gauche, le Conseil d’État encourage l’immigration illégale. », Ce, grâce aux impôts des Français comme viennent de le confirmer Laurent Fabius et ses acolytes.

Dans le même temps, ce mardi (l'audience a été reportée au 26 novembre), cinq jeunes de 20 à 29 ans appartenant au mouvement Défends Marseille sont attendus au tribunal correctionnel de Marseille. Ils sont poursuivis par le parquet pour injure publique raciale. En juin dernier, à l’occasion d’un concert de soutien à SOS Méditerranée organisé par la ville de Marseille, ils avaient déployé une banderole où était inscrit : « Qu’ils retournent en Afrique ».

 

Une instrumentalisation politique et judiciaire ?

 

Un phrase que la gauche et l’ultra-gauche locale avaient montée en épingle. La première adjointe au maire de Marseille Michèle Rubirola l’avait jugée « inadmissible », tandis que Benoît Payan, le maire de la deuxième ville de France, était monté sur scène pour affirmer son soutien à l’association car « Marseille est une ville d’immigration ». De son côté, le bien connu militant d’extrême gauche Raphaël Arnault, porte-parole de la Jeune Garde Lyon et auteur d’agressions et de menaces de mort, y avait vu une inscription « raciste ». Toute la bien-pensance phocéenne y était également allée de son commentaire.

Pourtant, que l’on soit d’accord ou non avec les méthodes de Défends Marseille, que l’on soit pour l'accueil des migrants ou hostile à leur venue en France et en Europe, le caractère injurieux et raciste de cette phrase, empruntée au député RN Grégoire de Fournas, ne saute pas aux yeux. Pour maître Julien Pinelli, l’avocat de la défense interrogé par BV, la banderole « fait référence au continent d’origine des personnes à qui elle s'adresse mais à aucun moment, si on prend les termes de manière objective, il n’y a un propos outrageant ou une formule désobligeante ». Il rappelle également que « la juridiction qui aura à juger devra déterminer si, oui ou non, il y a un caractère injurieux à travers ce discours. Elle devra s’en tenir strictement à cela. » En droit français, « ce qui caractérise le délit d’injure, ce n’est pas la personnalité de son auteur, réelle ou supposée, c’est, de façon objective, le propos qui est tenu ».

En l'occurrence, pour l’avocat, « on ne peut imaginer que les propos inscrits sur cette banderole puissent caractériser une quelconque infraction ». Il semble plutôt confiant quant à l’issue du procès. Enfin, il revient sur le message diffusé par le mouvement qu’il défend. Il ne voit rien d’anormal à ce que des jeunes gens formulent « le vœu que des personnes qui ont été contraintes de quitter le siège de leurs attaches familiales et affectives » puissent vivre « de manière heureuse et épanouie sur leurs terres d’origines ». Ce serait, en effet, sans doute l’idéal.

Vos commentaires

46 commentaires

  1. Secourir ne veut pas dire accueillir cette subtilité fait bien défaut aux personnes généreuses avec les contributions de notre pays. C’est bien connu c’est l’état qui paye la main sur le cœur et l’autre dans le portefeuille de ceux qui cotisent

  2. Si nous ne sommes pas contents de la façon dont est gouvernée la France, il ne tient qu’à nous pour que ça change, à condition que les patriotes tirent ENSEMBLE, la charrue dans le même sens, au lieu d’éparpiller nos voix sur des candidats certes respectables , mais qui n’ont aucune chance d’être élus et ça, ce n’est pas gagné d’avance. Hélas! Au grand bonheur de nos ennemis, car à ce stade ce ne sont plus des adversaires.

  3. Une fois de plus le conseil d’État a encore plié par peur au revendications excessives de l’extrême gauche et a cette association SOS Méditerranée importateur d’émigrés qui devrait être dissoute depuis longtemps si nous avions un exécutif courageux, malheureusement ce n’est pas le cas.

  4. Une preuve de plus qu’une révolution « postléniniste » a pris le pouvoir, non par le fusil mais les codes. Il ne sert à rien de faire du droit quand une magistrature, celle du syndicat…, fait ce qu’elle veut. Prenons le pouvoir et faisons ce que le peuple veut, par les urnes, ce qu’il a déjà exprimé et que la droite molle a écrasé.

  5. Et si on suggère aux Anglais de Dordogne et d’ailleurs de retourner en Grande-Bretagne, c’est du racisme? Il me semblait que la notion de race était largement attachée à la notion de couleur, qui permet la différenciation…

  6. Les prétendus « sages » sont complètement politisés et sont totalement sortis de la légitimité de leur rôle, mais la lâcheté des pouvoirs successifs vis à vis des empiètements de plus en plus évidents de « juges » n’ayant aucune légitimité pour émettre leurs décisions, même contraires à la constitution, finira par provoquer une véritable révolution. On en vient à se dire que le plus tôt sera le mieux.

  7. C’est bien ce que nous avions compris hélas, ce sont les associations qui gouvernent la France en pompant l’argent des contribuables et l’U.E. gouvernent les deux, ce qui signifie que nous sommes bel et bien sous TUTELLE ! Macron et ses Ministres ne sont que de pâles figurants mais peu leur importe, ce qui compte, c’est le pognon qu’ils engrangent à nos dépens et qui assure leur existence jusqu’au tombeau…….

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