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Editoriaux - Justice - Médias - Table - 24 juin 2015

“Jack is back” : et si c’était pour l’Élysée ?

Dimanche soir, la planète médiatique s’est gargarisée d’un non-événement, le vide sidéral des réseaux sociaux a alimenté la spirale d’une information vide de sens et d’intérêt et dont le commun des mortels n’a rien à attendre, pour ne pas dire « rien à battre » : DSK venait de créer son compte Twitter !

Dédaignant la langue de Molière et l’Hexagone par extension, DSK a signé son retour : “Hello Twitter : Jack is back !”

C’est que le bonhomme est persuadé avoir manqué à son public et la modestie du message se heurte tout juste à la vulgarité du personnage.

L’ancien ministre souhaite reprendre sa place dans le monde des affaires, et toutes ses affaires n’auront jamais fait redescendre le personnage de son piédestal. DSK est frappé d’une aura, à défaut de l’être par la grâce. DSK est l’ami des puissants de ce monde, le mari des médias, le concubin du show-biz. Alors les puissants, les médias et le show-biz lui pardonnent ses frasques et ses parties dites fines, pour enrober de papier de soie et de complaisance des pratiques de goret.

a été mis en examen dans l’affaire du Carlton pour proxénétisme dit aggravé, c’est-à-dire en bande organisée. Il a été, depuis, relaxé. Jade, une prostituée qui en a vu d’autres, raconte, durant le procès, une soirée dans un club échangiste de Bruxelles : « On m’avait fait comprendre que j’étais là pour DSK, mais quand j’ai vu ce mélange de corps, c’était une véritable boucherie, je me suis dit que non, je ne pouvais pas y aller. »

Boucherie est le mot qui reviendra le plus souvent dans ce procès.

Dominique Strauss-Kahn a été relaxé faute d’« éléments prouvant qu’il avait connaissance que ces femmes étaient des prostituées ». Et tout lui est pardonné. D’ailleurs, il ne s’est jamais repenti. Ni à New York, ni à Lille. Il a assumé sa sexualité devant les caméras et le monde, sexualité qu’il reconnaît plus « dure que la moyenne ». Avec une pointe de suffisance pour les moyens que nous sommes.

Il a claqué ses dollars dans des forteresses de milliardaires comme un seigneur féodal.

Justice a été rendue, le personnage public a été blanchi. Dont acte.

Les médias bienveillants nous ont ressorti la maxime, vieille comme leur monde, du droit qui diffère de la morale, et Strauss-Kahn est retourné se faire voir à Roland-Garros, Cannes ou au Stade de France.

Les féministes, toujours pressées de nous ressortir leurs vieilles lunes pour justifier du droit à disposer de leur corps, n’ont rien trouvé à dire à ces femmes dont d’autres se trouvaient libres de disposer. Quand on n’a jamais connu la honte et que Dodo la Saumure fait partie de vos intimes, on envoie facilement valser son corollaire : l’humilité.

Alors, d’arrogance en compromis moraux, DSK s’est payé l’audace d’un retour bling-bling sur les réseaux sociaux pour ajouter la hardiesse au manque d’humilité. Et la grosse caisse médiatique, son alliée, a largement résonné. Facile.

“Jack is back !” Mais qui est Jack, s’enflamme la Toile ? Feu de paille.

J’ai envie de dire : « On s’en fout ! » Et vous ?

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