Avant-hier, mardi 27 octobre, je zappe sur les chaînes d’info et tombe inévitablement sur le discours de Hollande en déplacement en Gironde après l’accident d’autocar.

L’air grave : « Nous sommes réunis ici pour rendre hommage… » Cela ne résonne-t-il pas à nos oreilles comme le sermon du curé lors de l’enterrement d’un proche ? Mais que fait donc le président de la République française, cinquième puissance du monde, à « rendre hommage » à des accidentés de la route ?

Par ailleurs, en quoi des accidentés de la route méritent-ils que la France leur rende hommage ? Ce sont les victimes malheureuses d’un aléa de la circulation, cela n’en fait pas des héros qui justifieraient un tel déplacement de nos élites dirigeantes, ni même de compassion nationale, c’est un drame privé et je suis bien sûre qu’il était inutile d’ajouter cette pantalonnade au chagrin de ceux qui ont perdu un parent dans cet accident.

Car, bien évidemment, cela transpire et même pue, nous sommes uniquement et typiquement dans un épisode de communication compassionnelle présidentielle, la spécialité de nos présidents depuis une vingtaine d’années, et de celui-ci en particulier. La France tout entière se recueille et, donc, est réunie autour de ses dirigeants tellement dans l’affliction, créant une illusion d’unité nationale dans l’émotion et l’événement creux. Rappelons-nous comme il en avait été de même quand nous devions tous être Charlie. On se souvient du président Hollande quittant, en ce jour funeste, l’Élysée en trombe pour se rendre sur place, suivi, comme l’a très justement fait remarquer Onfray, non de son chef d’état-major, ni du patron de la police, mais de son… conseiller en communication ; et Onfray de commenter que l’obscénité est là aussi.

Oui, obscène, ce détournement permanent et de plus en plus patent par les dirigeants de notre pays des fonctions et obligations régaliennes qui sont les leurs, pour cet affichage de compassion, de proximité bidon avec les « sans-dents ». Obscène au nom des « idées chrétiennes devenues folles » de l’obligation d’accueil des centaines de milliers de alors que le maintien de la cohésion sociale et les règles économiques et sanitaires de base exigeraient une régulation, voire un arrêt de ces flux. Obscène, cette culture de l’excuse pour tous ceux qui ne veulent pas s’intégrer dans la culture de la société française et le travail, et pour qui il n’y a que des droits et non des devoirs.

Ce dévoiement de la compassion à des fins électorales est d’une indécence morale assez ignoble, et bien lisible, n’est-ce pas – fort heureusement. Certains journalistes commencent même à trouver que cette « com' » permanente pousse le bouchon un peu trop loin. Les ficelles sont si grosses que le dégoût poussera, espérons, lors des prochaines échéances, l’électeur à choisir des hommes politiques ayant pour priorité le bien de la France et des Français, malgré le système mortel du bipartisme de fait, qui nous oblige à tourner en rond et empêche l’avènement de l’homme providentiel, l’honnête homme, l’homme d’État. J’y crois.

28 octobre 2015

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