Après avoir déjà sérieusement ringardisé George Orwell avec la téléréalité et Facebook, notre époque s’apprête à lui donner un nouveau coup de vieux avec la mise sur le marché d’un produit qui fait froid dans le dos : Google Glass.

Parmi les diverses fonctionnalités, ces « lunettes », auxquelles on aura ajouté une micro-caméra, permettront à celui qui les porte de filmer en permanence son environnement (travail, rues, transport en commun, vie privée) et d’ensuite envoyer la vidéo sur Internet. Le lecteur a bien lu.

Outre la violation du droit à l’image que cela constitue, cette invention pourrait être le synonyme de la mise à mort de la vie privée.

Dans 1984, de George Orwell, la population est filmée 24 heures sur 24 par une structure totalitaire, le Parti, y compris dans les domiciles privés des individus où sont placées des caméras. Notre époque de cervelles tordues a fait beaucoup plus fort : demain, ça ne sera pas un parti unique qui nous filmera, mais notre prochain. Suprême perversion. Le peuple va s’autofliquer. Chaque individu va être l’agent de la destruction de la vie privée d’autrui. L’homme sera plus que jamais un loup pour l’homme.

Dans une société où les esprits ne seraient pas trop déréglés, où il existerait un minimum de bon sens, un tel produit devrait être purement et simplement interdit.

Pour le moment, sur la toile, les réactions à Google Glass sont mitigées. Mais, pardon d’être simpliste et manichéen, dans la mesure où ce nouveau marché rapportera des milliards, on imagine mal nos gouvernants en édicter l’interdiction générale et absolue. Ainsi, contre nos libertés, Google Glass vivra.

Si l’on considère un instant le braquage à la chypriote qui menace le droit de propriété (réputé inviolable et sacré par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, article 17), celui du RER D à Grigny qui illustre la disparation de la sûreté de notre société (garantie à l’article 2), la liberté d’expression surveillée, la liberté de conscience méprisée et ce tout nouvel instrument totalitaire, il ressort un fait éclatant : nos libertés publiques sont sur le gril.

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