Blog - Editoriaux - Politique - 5 mars 2017

Cher Monsieur Mélenchon

On peut être confiant sur le fait que la présente lettre vous parvienne malgré l’adresse du destinataire : vos amis politiques sont d’insurpassables curieux. Donc, bonjour à vous, cher Monsieur.

Vous animez aujourd’hui avec une désinvolture surjouée des vidéos d’actualité sur votre blog. Le succès est au rendez-vous : des centaines de milliers de gens écoutent votre pédagogie.

Vous portez en permanence votre désormais célèbre habit de travailleur manuel, retravaillé façon Gaultier. Il ne manque plus que le crayon et le compas dépassant de votre poche. On pourra vous fournir ces accessoires. Ce costume siérait à merveille pour une cérémonie décontractée de mariage entre bobos dans un château en province. C’est du beau côtelé, vraiment.

Derrière votre auguste figure, on peut voir l’affiche du film Chez nous, œuvre de propagande antipatriote. Vous savez décorer avec goût vos fonds de scène et ce souci du détail vous honore.

Vous nommez votre auditoire “les gens” : “Salut, les gens, je vais vous raconter la vie.” C’est sympa, cool. Votre vocable “Sixième République” est très relaxant, on se sent entre potes.

Lors de votre dernière performance, dans laquelle vous dénoncez justement le CETA, vous présentez les choses en indiquant que Marine Le Pen dit tout et son contraire à ce sujet. C’est un mensonge : le FN est fort clair au sujet de cet accord intrinsèquement totalitaire dans son processus d’élaboration.

Monsieur Mélenchon, un homme qui prétend briguer le mandat national suprême doit-il mentir comme un arracheur de dents ? Votre bel habit serait-il celui des dentistes du XIXe siècle ?

L’état de votre mémoire nous alarme ; l’auriez-vous perdue sur les chemins de Lisbonne ? Avez-vous oublié avoir appelé au vote pour Hollande en 2012 ? Ça n’est pourtant pas si vieux. Notre Président vient de ratifier le scélérat traité avec le Canada contre le vote des euro-députés PS, c’est dire son degré de morale… Mais Hollande serait-il parvenu au pouvoir sans l’appui de vos camarades, dont vous influençâtes l’opinion ?

Ces cinq dernières années, Monsieur Mélenchon, nous vous les devons. Ce fut un délice, merci.

Seriez-vous “serpent” en astrologie chinoise ? En tout cas, vous portez à merveille l’habit Mao. Mao, ce doux réformateur si cher à monsieur Macron, pour lequel vous appellerez à voter demain contre Marine Le Pen, elle que vous diffamez à loisir.

Consultez vite un médecin et que votre hologramme en fasse autant, les maladies dégénératives de la mémoire peuvent se contenir. Nous serions au plus mal si un prosateur tel que vous venait à nous quitter car, alors, que deviendrait la patrie, qui vous est si chère ?

Bien à vous, cher Monsieur. Nos hommages à votre couturier.

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