Que toutes les femmes qui se reconnaissent en se lèvent !

Allô ? Y a quelqu’un ?

Pas sûr. En effet, ce n’est pas parce que Nathalie Cause-toujours-Mauricette, comme l’appelle Laurent Gerra, annonce sa candidature aux primaires au soir de la Journée des femmes que celles-ci vont se lever pour elle. Peut-être dans le VIIe et le XVe arrondissement de Paris, chez son coiffeur, son traiteur ou son chausseur, mais à part l’association des porteuses de « Toboggan talon 120 mm », on ne voit pas bien qui peut se sentir représenté(e) par NKM !

Ce n’est pas que la dame manque de mordant. Ça non. Elle a même une denture solide, de celles propres à rayer le plancher et arracher le morceau. Avec cela, une ambition comme on en reconnaît peu aux gens de son sexe, et pourtant… les exemples ne manquent pas chez ces Républicains dont elle brigue l’investiture. Citons, par exemple, la très martiale Michèle Alliot-Marie pour la vieille garde, ou sa « copine » Rachida Dati pour l’actuelle.

L’amusant est que toutes ces tueuses en politique s’ingénient à cumuler de façon caricaturale les défauts des hommes et les travers des femmes : la petite tambouille, les bas calculs et les trahisons pour le côté viril ; le look Wonder Woman et l’insupportable pleurnicherie victimaire pour l’éternel féminin. À quoi NKM ajoute sa blondeur de Vénus botticellienne savamment décoiffée pour couler en biais des regards qui n’ont rien de tendre.

NKM annonce placer sa candidature « sous le signe de la liberté et de la modernité ». Et pourquoi pas la liberté éclairant le monde, pendant qu’on y est ? C’est qu’elle se prétend « rebelle », ayant tout fait pour se faire éjecter de son fauteuil de n° 2 du parti. Calcul malin, tant il est vrai que le statut de victime du machisme est une façon aisée de se démarquer de ses nombreux compagnons de route. Toutefois, vu sa réputation de peste, cela risque de ne pas suffire à lui assurer les 2.500 signatures d’adhérents, les 250 d’élus et les 20 de parlementaires pour pouvoir se présenter aux primaires.

Comme elle l’avait fait à l’été 2011, espérant déjà vaguement se mettre sur les rangs de la présidentielle, NKM sort un livre : Nous avons changé de monde (Éd. Albin Michel). Le précédent ouvrage de Nathalie Kosciusko-Morizet s’intitulait Le front antinational (Éd. du Moment). Une réflexion profonde, avec des idées fortes : « Le FN est une menace. Pour notre pays, pour nous, pour nos enfants. [Il] a toujours défendu des thèses xénophobes et populistes, à commencer par “la préférence nationale”. » Ou celle-ci, plus percutante encore : « Le FN refuse la . » Il est vrai qu’en 88 pages, on n’a pas le temps de faire dans la nuance. Faut aller droit au but.

On ne sache pas que ce phare de la pensée politique ait remporté un grand succès de librairie… C’est marrant, quelque chose me dit que le dernier ne fera pas mieux.

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