Une mise en scène macabre organisée par la rébellion syrienne ? Un crime de guerre perpétré par ladite rébellion, et probablement par l’une de ses composantes djihadistes, qui ne sont pas à une atrocité près ? En tout état de cause, il semble qu’en aurait-elle l’envie, l’opposition n’a pas les moyens d’une telle action. Pour autant qu’on y voie clair dans le nuage de sang qui plane sur la Syrie, tout - photos, vidéos, témoignages - semble indiquer que c’est l’armée du régime qui a massivement recouru, dans la plaine de la Ghouta, aux portes même de sa capitale, à l’épandage massif et meurtrier d’armes chimiques, de ces armes interdites dont chacun sait qu’elles permettent encore moins que les autres de faire la distinction entre les combattants et les civils et qu’elles frappent et tuent sans discrimination d’âge, de sexe ou de statut.

La conjoncture actuelle plaide également dans le même sens. Depuis les appréciables succès qu’elles avaient remportés dans le courant du mois de juillet avec l’aide du Hezbollah et des gardiens de la révolution iranienne – reprise d’Al-Qoussayr, resserrement de l’étau sur Homs – les forces armées de Bachar el-Assad marquaient le pas. Elles sont désormais confrontées à une série de contre-offensives dans le sud du pays, à Alep et désormais sur Damas même. Cela justifie-t-il l’utilisation d’arme "sales" (par opposition aux armes "propres") et donc le franchissement de la « ligne rouge » dont Barack Obama avait prévenu, il y a dix-huit mois, qu’il constituerait un casus belli ? Le président syrien avait pourtant juré qu’il n’y recourrait jamais contre son peuple, mais seulement dans l’hypothèse d’une intervention étrangère…

Or, c’est précisément ce qui est en train de se passer : s’il faut en croire les informations sensationnelles données par Le Figaro, des commandos rebelles formés en Jordanie, armés, entraînés et encadrés par des instructeurs américains et israéliens, auraient été depuis le début d’août lancés dans la bataille, notamment sur Damas. Cette intervention étrangère, sans mandat de l’ONU, dans une guerre civile de plus en plus internationalisée, ne constitue-t-elle pas une violation flagrante de la « ligne rouge » en question, tracée par le gouvernement syrien, et une ingérence grossière dans ce qui, au départ, était un conflit interne à un État souverain ? Mais les principes de la morale et les règles du droit international sont, on le sait, infiniment plastiques et modulables au gré des monstres froids qui s’affrontent directement ou par chair à canon interposée.

Rassurons-nous. Un jour, nous saurons à peu près exactement à quoi nous en tenir sur le tissu de mensonges, d’intrigues et de complots qui couvre de sa chape, sous le prétexte du secret-défense et de la raison d’État, le drame que vit la Syrie. Dans dix ans, dans vingt ans, et quelques centaines de milliers de morts supplémentaires, on nous dira tout. C’est promis.

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24 août 2013

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