Editoriaux - Table - 1 août 2016

Affaire Traoré : la gendarmerie forcément coupable !

Les tragédies massives occultent des scandales plus quotidiens ; Nice a fait négliger Beaumont-sur-Oise.

Pourtant, il y aurait beaucoup à dire à la suite de la mort, le 19 juillet, d’, 24 ans, à la suite d’une interpellation dans la cité de Boyenval.

Beaucoup à dire mais, en même temps, depuis cette date, on retrouve un processus terriblement répétitif qui, en substance, oppose des “saints”, quoi qu’ils aient accompli, à des “salauds”, aussi légitime qu’a été leur action. En l’occurrence, la famille Traoré médiatiquement promue et soutenue contre des policiers et des gendarmes évidemment de mauvaise foi !

Adama Traoré aurait été victime d’une “bavure” puisque, selon son frère Bagui, il est entré “vivant dans le camion et qu’il en est sorti mort” quand il a été transféré à la brigade de Persan.

Depuis le 19 juillet, quatre nuits de violences et de dégradations et un dispositif de taille pour en empêcher une cinquième.

Les forces de l’ordre traitées d’« assassins, fils de putes et bandes de bâtards ».

“Tensions après la mort d’un jeune interpellé”, titre Le Monde, qui consacre, comme il se doit, un très long article où est mis sur le même plan le comportement des fauteurs de trouble et celui des gendarmes et policiers.

[…]

Personne, évidemment, ne se risque à évoquer le passé d’Adama Traoré. Etait-il effectivement ou non sorti de prison un mois et demi avant le 19 juillet ? On glisse sur le fait qu’il serait intervenu pour assister son frère Bagui concerné, avec d’autres, par une enquête préliminaire pour extorsion de fonds, même si ce dernier affirme qu’Adama aurait fui parce qu’il n’avait pas ses papiers.

Ces informations n’auraient pas rendu moins douloureuse la mort d’Adama pour sa famille, ses parents, son frère et sa sœur Assa, tous deux très présents médiatiquement, mais elles seraient nécessaires pour déterminer si les gendarmes ont été confrontés à des angelots ou à des jeunes gens décidés à en découdre.

[…]

Dans le climat de ces dernières années, il est tristement normal que la famille Traoré soupçonne et incrimine.

Il n’est pas habituel, en revanche, qu’un avocat sollicite une “contre-autopsie”, comme si la première était sujette à caution “malgré la compétence des médecins légistes […] et pour rassembler le maximum d’informations claires pour la famille”. Comment laisser entendre plus élégamment qu’il doit y avoir une vérité acceptable pour la famille ?

Il est vaudevillesque mais prévisible que Me Karim Achoui s’immisce sans titre dans ces péripéties et qu’il soit clairement renvoyé à la déontologie par le confrère en charge du dossier, Me Zajak.

[…]

Tout est fait, depuis le 19 juillet, pour susciter le trouble dans le certain et la malignité dans l’évidence.

Car il est manifeste que la déontologie des journalistes s’arrête juste avant le traitement de ces incandescences régulières, toujours appréhendées sur le même mode. L’objectivité est inconcevable puisque la cause est toujours entendue.

Pas pour moi. Je regrette, mais les Traoré ne sont pas forcément respectables et la police et la gendarmerie pas forcément coupables.

Extrait de : Les Traoré forcément respectables, la gendarmerie coupable forcément !

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