Au nom de la République et d’Allah le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux, Abdeslam a été enfin capturé, blessé à la jambe mais, el hamdoulilah, vivant.

Abdeslam se terrait donc, parmi les siens, dans sa commune natale de Molenbeek, banlieue de la capitale européenne où se signait le jour même la capitulation démographique du Vieux Continent face au jeune Empire ottoman. Mais revenons à notre charmante bourgade où il est bon de jouir sans entrave des aubaines du vivre ensemble, en particulier entre coreligionnaires majoritairement modérés du culte d’amour, de tolérance et de paix, dont il est unanimement (vous l’aurez certainement remarqué) honni de mentionner le nom dans les éditions en boucle et en direct de la propagande. Un ni oui ni non, façon halal.

Depuis les attentats de , Abdeslam s’y abritait, comme un poisson dans l’eau dans un océan de musulmans modérés. Allait-il pieusement faire courbette chaque vendredi ni vu ni connu, voire acte de contrition chez l’imam du quartier qui tentait certainement de le ramener vers le droit chemin ? L’enquête précisera les détails et nous révélera possiblement dans le même temps les hypothétiques complicités, ce qui rassurera certainement sa famille et ses voisins proches, éternelles victimes de l’amalgame et premiers étonnés par sa présence si discrète, lui qui, en temps normal, exhale si bruyamment la joie de vivre. Le quotidien belge De Morgen rapporte d’ailleurs que “tout le quartier savait où était Abdeslam depuis les attentats de Paris. Personne n’aurait averti les autorités” : ça ne peut être que de la nauséabonde désinformation, comme le caillassage des forces de l’ordre par des sympathisants de la nouvelle race des « Je suis Abdeslam ».

Heureusement qu’il n’a pas accompli ses méfaits en Chine, l’Abdeslam. Là-bas, il aurait eu droit à une balle dans la nuque, facturée à la mosquée du coin où le « terroriste se serait autoradicalisé » (sic). Mais Abdeslam a été capturé en démocratie, et en démocratie, il a eu droit très vite à un chirurgien pour le soigner, un avocat pour sa défense, peut-être un psychiatre expert en déséquilibre, acquis aux circonstances atténuantes de circonstance, ou une cellule de soutien psychologique pour sa famille très proche et très éplorée. Cerise sur le gâteau, Abdeslam a même eu droit à un tweet de l’ancien garde des Sceaux de la République française, la non encore canonisée mère Taubira qui incantait : “Salah, enfant perdu de la République, métis de nos âmes, frappé par l’injustice sociale, tu es la banlieue de nos cœurs, la fleur de culture abandonnée.” Amen ?

Abdeslam a été capturé vivant, n’obtiendra pas le statut convoité et glorifié de martyr, n’aura pas droit aux vierges promises, contrairement aux autres qui ont réussi à appliquer le plus grand commandement d’Allah. Abdeslam parlera-t-il ou restera-t-il muet ? Sera-t-il un modèle, créera-t-il des émules comme Merah, un des meilleurs, « le meilleur étant celui qui combat et meurt au premier rang », « celui qui est tué en combattant des mécréants et n’ayant comme motif que celui-là » ? Sa défaite, aux yeux de l’islam, incitera-t-elle à vouloir venger son échec ? Les bookmakers molenbeekois ne peuvent que parier sur de nouvelles représailles prochainement. Le printemps sera probablement chaud avant l’été.

Vous avez voulu du multiculturalisme, vous aurez Molenbeek. Et en plus, ça rime avec Houellebecq.

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