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Un sondage récent le rapporte : 43 % des parents verraient bien leurs enfants dans une école privée catholique. Près de trois Français sur quatre voient dans ces écoles une chance pour le système éducatif.

Un sondage presque superflu à dire vrai, les longues listes d’attente, chaque année, dans ces établissements parlant d’elles-mêmes.

Cette appétence pour un alternatif catholique démontre, en creux, les manquements, les insuffisances, les échecs de l’école publique. Si tant de parents sont prêts à mettre la main au portefeuille pour changer de crèmerie, c’est qu’ils aspirent à autre chose, avec suffisamment de force pour que l’adjectif « catholique » ne douche pas l’enthousiasme des plus agnostiques d’entre eux.

Car mettre son enfant dans le privé, c’est accepter de payer trois fois l’école : par ses impôts, par les frais de scolarité de l’établissement privé, mais aussi par la cantine, au coût exorbitant (deux à trois fois plus élevé que dans le public).

Pourtant, dans les faits, l’ catholique privé en est-il réellement alternatif ? Dans nombre d’écoles, des parents, un peu amers, en reviennent. Avec le sentiment qu’entre privé et public, il n’y a finalement que l’épaisseur d’une feuille de papier : celle du chèque qu’ils signent tous les mois. Pour le reste — la médiocrité des méthodes pédagogiques, le choix des scolaires, l’orientation ouverte de certains profs, l’endoctrinement insidieux pendant les cours qui en résulte, la discipline relâchée —, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

La transmission des valeurs chrétiennes, dites-vous ? Z’êtes pas fou ? Parce que, bien sûr, personne ne parle du Coran dans les écoles coraniques ni de la Torah dans les écoles hébraïques. Le caté « service minimum » de certaines écoles catho vaut le détour. J’en connais un, en CM2, qui y a appris la charte écologique de Nicolas Hulot, ce grand docteur de l’Église.

On me dit qu’il faut que j’arrête d’être méchante : ce n’est pas leur faute, enfin ! Les manifs contre la loi Savary de 1984 ont été une victoire à la Pyrrhus. Les écoles « sous contrat » sont prises en otage. Subventionnées en partie par l’État, elles doivent faire allégeance.

Le succès apparent dont elles bénéficient actuellement masque deux difficultés essentielles : faute d’apporter une valeur ajoutée tangible, elles risquent bien de se faire damer le pion par les écoles « hors contrat » qui, bien que coûtant un bras — le prix de la liberté —, fleurissent un peu partout.

La fracture culturelle à laquelle on est en train d’assister en va les forcer à quitter un positionnement consensuel ambigu. Le coup de règle sur les doigts, en janvier, d’un Peillon très indisposé par la volonté affichée des établissements catholiques de vouloir « ouvrir un débat » sur « le mariage pour tous » est un premier coup de semonce.

Cette fracture culturelle est l’occasion pour les catholiques d’assumer leur identité. Peut-être, après tout, permettra-t-elle aussi à leurs écoles d’assumer enfin la leur. Si leur état de dépendance leur en laisse encore la possibilité.

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1 juin 2013

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