29 juillet : jour de libération fiscale

Docteur en droit, écrivain, compositeur
 

L’Institut économique Molinari nous apprend qu’en 2015, le salarié moyen français travaillera jusqu’au 29 juillet pour financer les dépenses publiques.

Cette information présente un double intérêt. Elle a d’abord une signification intrinsèque : s’il y avait un « salarié inconnu », comme il y a un soldat inconnu, ce salarié français travaillerait 210 jours pour la collectivité et 155 jours pour lui. Seule la Belgique fait mieux, où le « jour de libération fiscale » tombe le 8 août. Les Britanniques sont libérés dès le 9 mai et les Allemands le 10 juillet.

Ensuite, il est rarissime – et donc délectable lorsque cela se produit – que l’information nous parvienne de manière compréhensible. Les trop grands chiffres ne parlent pas, et c’est d’ailleurs pour cela qu’a été inventée l’année-lumière. Essayons d’y voir clair dans quelques chiffres d’aujourd’hui :

– L’État collecte 818 millions d’euros d’impôts par jour ; la vente de l’aéroport de Toulouse a rapporté l’équivalent de 9 heures de collecte d’impôts.

– En un jour, l’État en dépense 1.041.

La différence, 223 millions d’euros par jour, c’est le creusement du déficit. Cet accroissement du déficit représente, tous les jours, une année et un trimestre du chiffre d’affaires du groupe Total.

– La dette de la France correspond au salaire annuel de 80 millions de personnes gagnant 2.000 euros par mois ; chaque seconde, elle augmente de 2.345 euros.

– Chaque jour, rien que pour payer les intérêts de la dette, il faut débourser 128 millions d’euros. Avec cet argent, on construit 20 kilomètres d’autoroute ou 2 Rafale.

– En 1976, il y avait 1 fonctionnaire territorial pour 130 habitants. Aujourd’hui, on en a 1 pour 34 habitants : c’est comme si la population française avait quadruplé en une génération.

– Lorsque l’État collecte 100 euros de recettes, 46 euros proviennent de la TVA, 25 de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, 13 de l’impôt sur les sociétés, 10 de taxes diverses et le reste, 6 euros, de recettes non fiscales.

– Lorsque l’État dépense 100 euros, où va l’argent ? D’abord, 25 euros représentent des remboursements et des dégrèvements (c’est-à-dire des impôts que l’on a décidé de ne pas faire rentrer). Sur ce qui reste, 21,3 euros sont affectés à l’enseignement scolaire, 16,7 euros servent à rembourser la dette de l’État. Puis viennent la Défense (12,75 euros) et la Recherche et l’enseignement supérieur (10,3 euros) et la sécurité (6 euros). Tous les autres ministères dépensent moins de 5 euros chacun, ce qui, regroupé, fait quand même 33 euros.

On peut ainsi multiplier les exemples permettant de rendre perceptibles, compréhensibles, des chiffres remplis de zéros que la plupart des médias nous servent et qui, faute d’échelle, n’ont aucun sens pour la plupart d’entre nous. Pour en revenir à l’astronomie, il est effectivement plus parlant de dire que la lumière du soleil met 8 minutes à atteindre la Terre que de situer notre étoile à 150 millions de kilomètres de notre planète.

Yannik Chauvin
Docteur en droit, écrivain, compositeur

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