La réussite de la visite de Marine Le Pen au Liban irrite les médias français…

Historien et politologue

Spécialiste du Moyen-Orient - Directeur des éditions Godefroy de Bouillon

 

La visite de Marine Le Pen au Liban est une réussite et cela irrite visiblement les médias français qui cherchent, depuis 48 heures, à minimiser son ampleur et la surprenante (pour eux) sympathie, notamment chez les chrétiens, avec laquelle elle a été accueillie.

Depuis lundi, ils nous glissent de petites phrases laissant entendre que Marine Le Pen n’est pas reçue comme n’importe quelle personnalité politique étrangère – ce qui est totalement faux.

On compare sa visite au chef de l’État (chrétien) avec celle d’Emmanuel Macron et l’on constate qu’elle n’a pas été reçue dans son bureau mais dans un grand salon, ce qui serait un signe d’une réception a minima. En réalité, c’est juste le contraire, tous les grands chefs d’État sont reçus dans le grand salon, et ce sont les visites moins formelles qui ont lieu dans un bureau privé.

Et puis on précise qu’aucun diplomate français n’est allé à sa rencontre, tout en indiquant que le candidat marcheur a été accueilli à l’ambassade de France, où il a passé ses nuits. Très intéressantes, ces informations, mais on a oublié de nous dire à quel titre le candidat Macron utilise les locaux de la République et pourquoi il se permet de se loger aux frais du contribuable français.

On fait tout un tapage du communiqué du Premier ministre (musulman sunnite) qui met en garde contre tout amalgame entre islam et terrorisme et rappelle les traditions française sur les droits de l’homme. Or, il est évident que la ligne politique du Premier ministre, homme lige de l’Arabie saoudite, n’est pas celle du FN, et le fait de le rencontrer démontre une volonté de dialogue.

Enfin, il est tout de même curieux qu’un fidèle de l’Arabie saoudite donne des leçons de droits de l’homme.

Quant à sa visite au président des Phalanges libanaises, Samy Gemayel, elle est présentée sur France 24 comme une rencontre entre deux factieux réactionnaires. Les Phalangistes représentant, avec les FL (parti de dissidents phalangistes), au moins 60 % des chrétiens du Liban sont décrits comme un groupuscule fasciste collaborant avec le FN de longue date.

Et puis vint enfin la polémique sur la visite au grand mufti de la République et au refus de Marine Le Pen de porter un voile pour pouvoir le rencontrer. Cet incident est présenté comme une incompétence de la part du FN à respecter les protocoles lors d’un voyage à l’étranger. Or, aucun protocole de la République libanaise n’oblige une femme à porter un voile pour rencontrer des personnalités officielles. La visite devait, d’ailleurs, avoir lieu dans son bureau et non dans une mosquée, ce qui rend tout argument religieux caduc.

D’autre part, le grand mufti n’est pas l’équivalent du patriarche maronite, qui est le chef de sa communauté et n’a pas l’importance que veulent bien lui donner les médias. Doit-on rappeler qu’il n’y a pas de hiérarchie religieuse dans l’islam sunnite et que le grand mufti est juste une haute autorité religieuse qui donne des avis juridiques ou politiques.

Tous les ambassadeurs des grandes puissances (USA, France, Royaume-Uni, Russie…) rendent visite régulièrement au patriarche maronite pour le consulter. Leurs rencontres avec le grand mufti sont pratiquement inexistantes.

Chassez le naturel, il revient au galop : Marine Le Pen a été amicalement reçue par les personnalités chrétiennes au Liban et froidement ou pas du tout (aucune rencontre avec les chiites) par les chefs musulmans…

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Spécialiste du Moyen-Orient - Directeur des éditions Godefroy de Bouillon

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