Sécurité sociale : le système n’est plus viable !

Journaliste

Photographe de presse, Éditorialiste à Sud Radio

 

Avec son enquête sur « l’augmentation des dépassements d’honoraires », UFC-Que Choisir se positionne comme un organe de propagande du ministère de la Santé. Sans recul ni analyse de fond, il épingle « ces nantis de médecins » qui se servent des patients pour gagner des fortunes…

Pourtant, il y aurait beaucoup à dire. Et tout d’abord que la grande famille des médecins conventionnés secteur 1 (tarif Sécurité sociale) ne fait l’objet d’aucun commentaire dans cette enquête. Ils sont pourtant payés une misère du fait du montant de leurs charges : aujourd’hui, c’est plus de 50 % du prix de la consultation qui part en taxes et charges variées. Ces médecins conventionnés travaillent souvent plus de 70 heures par semaine pour un résultat net qui, rapporté à l’heure de travail, est voisin du SMIC.

Si le secteur 1 ne retient pas l’attention, les médecins relevant du secteur 2 — ceux qui pratiquent les dépassements d’honoraires — se font épingler aussi bien par leur ministère de tutelle que par UFC-Que Choisir. Pourtant, les honoraires des médecins n’augmentant que très rarement en France (le prix moyen d’une consultation en Europe est de 45 €), le seul moyen d’avoir un revenu décent est de pratiquer le dépassement. On voudrait nous faire croire qu’il est illégal, anormal, honteux, etc. Mais c’est méconnaître la signification du terme « libéral »… Car les médecins dits « libéraux » ne sont aucunement salariés de la Sécurité sociale. Libres, ils le sont aussi de fixer le prix de leur travail. On nous explique que les dépassements ont augmenté de plus de 1,5 % en moyenne en 2013 : c’est peu à côté de l’augmentation des charges et taxes de toutes sortes. Je peux même affirmer que cette augmentation aurait également dû être celle des médecins conventionnés secteur 1, ce qui n’est pas le cas : leur revenu a donc diminué d’autant.

Cette semaine, Marisol Touraine va présenter son plan d’économies pour que le budget de notre Sécurité sociale moribonde s’équilibre. Rien de nouveau, on tape sur les médecins qui s’engraissent, on diminue les remboursements (les mutuelles paieront) et on va généraliser le tiers payant histoire d’augmenter encore la demande de soins (une aberration). Quand un système est aussi peu viable et fonctionnel, quand il est un des plus chers au monde pour un résultat médiocre, le mieux est d’en changer ou de le supprimer. D’ailleurs, les mutuelles n’attendent que cela pour devenir véritablement des assurances maladie privées efficaces. Mais attention ! Tous ceux qui ne seront pas assurés, tous ceux qui réclameront une CMU à 100 % devront alors se retourner vers l’État… qui lui non plus n’a plus d’argent. Michel Rocard disait : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. » Dommage, ses amis ne l’ont pas entendu.

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