Le retour du roi

 

Un sondage réalisé par BVA, du 22 au 23 août 2016, sur commande de l’Alliance royale, montre que pour 31 % des Français, remplacer le président de la République par un monarque donnerait une meilleure image de la France dans le monde. Ce chiffre est en progression par rapport au précédent sondage, datant de 2012 (et non 2007, comme l’indique LCI qui a relayé l’information), où ils n’étaient que 24 %. Autre erreur dans l’annonce de LCI : « Près d’un Français sur quatre estime, par exemple, que cela aurait des conséquences positives sur l’unité nationale (39 %) et la stabilité du gouvernement (37 %). » 39 % ou 37 % font « plus d’un sur trois » et non « près d’un sur quatre ». Nuance.

Pour ceux qui n’ont pas suivi la poussée royaliste, on pouvait lire sur la Toile, le 21 janvier dernier à l’occasion de la commémoration de la mort de Louis XVI, des messages de ce genre : « Est-ce que François Hollande a l’intention de prendre part aux commémorations du jour ? » ou encore, de la part de royalistes de longue date, « Que se passe-t-il ? Il y a 10 ans, la messe de requiem pour Louis XVI rassemblait un pelé trois tondus, et cette année, tout le monde en parle comme si c’était l’événement de l’année ! »

Quoi qu’il en soit, le royalisme fait encore peur au système. Ainsi, en 2012, l’Alliance royale souhaitait présenter un candidat royaliste à l’élection présidentielle. Cependant, elle n’obtint pas les 500 parrainages. Certains maires expliquèrent qu’ils renonçaient à donner leur parrainage suite à des appels de leur préfet ou d’autres autorités qui les menaçaient de leur couper les subventions (pour la rénovation d’école, salle de sports, etc.) s’ils ne retiraient pas leur parrainage. Cette situation pourrait bien changer puisque, désormais, il y a des élus Alliance royale dans plusieurs conseils municipaux.

Parmi les raisons de ce retour en grâce de la monarchie, il y a certes le rejet du système en place, et le spectacle qui se déroule quotidiennement sous nos yeux ne peut qu’alimenter ce rejet. Mais il faut bien voir aussi que les institutions françaises coûtent deux fois plus cher que la couronne britannique ou quatre fois plus que celle d’Espagne. Une Restauration accompagnée d’une véritable simplification du mille-feuille administratif, mais dans le respect de nos réalités provinciales et régionales, permettrait sans nul doute des économies non négligeables et une baisse substantielle des impôts. Notons aussi – même si l’argument mercantile n’est pas le plus important – que la famille royale est génératrice de richesses, ne serait-ce qu’à travers les événements majeurs, à la fois familiaux et nationaux : couronnement, mariage, etc. Alors qu’en France, allongement de la durée de vie aidant, nous continuons à entretenir grassement les « maisons » des anciens présidents de la République, sans pour autant qu’ils nous rapportent un seul centime d’euro !

Mais surtout, une monarchie héréditaire permettrait de libérer la France du régime des partis et de lui donner un véritable arbitre suprême, garant de l’unité nationale et de sa continuité historique, là où la République ne crée que divisions, fractures et haine de soi. Dans la situation actuelle du pays, un roi n’aurait eu aucun scrupule à dissoudre l’Assemblée nationale, permettant de mettre fin à l’état de manifestation permanent dans lequel vit notre pays depuis fin 2012.

Depuis saint Rémi, de nombreuses prophéties ont évoqué ce grand monarque qui sauvera la France, accompagné par un grand pontife qui sauvera la foi, les deux étant des jumeaux issus de la maison de France. Certes, une prophétie n’engage personne, mais la naissance des fils jumeaux de Louis XX, duc d’Anjou, peuvent donner à réfléchir…

Et puis, en guise de clin d’œil à l’actualité, la monarchie n’a peut-être jamais été aussi moderne : n’est-ce pas Emmanuel Macron qui déclarait, il y a peu, qu’il manquait un roi à la France ?

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