La division des Français ? Les terroristes ne la créent pas, ils s’en servent

 

Il y a comme une gigantesque fumisterie à nous parler d’unité nationale. Non pas que le concept ne se puisse penser. Mais arguer qu’il ne faudrait pas céder à la division entre les Français car ce serait satisfaire le but des musulmans est, pour tout pouvoir en place, une supercherie ; et ce, pour deux raisons :

– Divisés, nous le sommes déjà. Et pas qu’un peu !
– Les musulmans, et particulièrement les auteurs des attentats, loin de chercher à nous diviser, utilisent nos divisions préexistantes à leurs demandes et crimes pour frapper durement, car ils savent que ces mêmes divisions nous empêcheront de réagir.

Divisés ? Catholiques ou protestants. Républicains ou monarchistes. Catholiques ou athées. Patriotes ou mondialistes. Chrétiens ou cosmopolites. Etc. Les périodes d’union nationale, qui n’ont pas toutes bien fini mais ont eu leur utilité, demeurent rares. Des moments de l’Histoire où, un peu sidérés, nous voyons celui qu’on croyait notre ennemi se ranger à nos côtés devant le danger suprême.

Cette division ne saurait se résoudre par le recours à un chef déjà en place ; élu d’un clan – désigné et entaché par un clan. À une situation nouvelle qui imposerait de retrouver l’unité nationale il faudrait un chef non prisonnier de son passé personnel ou de celui de son gouvernement ; un chef n’ayant pas exercé le pouvoir au niveau national ni malmené la France en méprisant 49,99 % des Français, quand ce n’est pas la majorité. Choisir quelqu’un de préalablement ainsi marqué annihilerait sa légitimité et limiterait son pouvoir. C’est ce qui arrive à Hollande.

Aussi, quand l’État islamique ou des individus non liés à lui mais se réclamant de la même idéologie nous attaquent, ne divisent-ils pas les Français. Ils savent, au contraire, qu’ils peuvent s’appuyer sur nos propres divisions car elles bloquent l’État dans son pouvoir de réaction. Celui-ci, ne se sentant ni fort de l’union nationale ni libre de son passé, demeure impuissant.

Dès lors, les auteurs des attentats s’enhardissent. Ils savent prendre peu de risques devant les leurs qui ne dénonceront pas leurs projets (comme l’imam de Saint-Étienne), et il se trouvera peu de condamnations radicales de leurs actes par les autorités musulmanes, car celles-ci savent très bien que le Coran peut être interprété ainsi. Avec cette violence et cette radicalité.

Ils trouvent aussi, au sein de la communauté nationale, des gens qui refuseront les mesures fortes qui s’imposeraient, car celles-ci leur sont réclamées par… des Français qui appartiennent à l’autre camp. Ils trouvent, enfin, des incroyants et des croyants faibles de leur foi ou de leur athéisme, pour qui toute désignation claire des tares et des dangers d’une idéologie ou d’une religion autre que catholique est une parole inexprimable.

Nous ne sommes pas, aujourd’hui, les victimes de Daech. Nous sommes sous la menace de ce 1 % de musulmans combattants prêts à tout pour étendre le règne de l’islam. 1 %, c’est 50.000 à 100.000 personnes. Nulle armée ne peut réduire à néant une telle menace en laissant ces gens libres de s’armer et d’agir.

La menace n’est pas L’État islamique. La menace n’est pas syrienne ou irakienne. Et si les pôles d’entraînement et de combat venaient à fermer là-bas, il s’en trouverait vite d’autres : en Libye, en Somalie ou ailleurs. Nous sommes sous la menace de « nos propres fanatiques » musulmans. Et des Français divisés qui n’ont pas encore senti suffisamment le sang couler pour s’unir.

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