Mayotte : le Lampedusa de l’océan Indien

Essayiste
 

Pendant que le monde se lamente sur le sort funeste des immigrés noyés à l’approche de Lampedusa et de Malte, il se passe des drames similaires dans ce département français et aussi région ultrapériphérique de l’Europe qu’est Mayotte. Le 20 octobre, ce sont 131 immigrés clandestins d’Anjouan à Mayotte, transportés par cinq kwassa kwassa, qui ont été interceptés par les gendarmes et immédiatement ramenés à leur point de départ.

Et encore, ceux-là sont arrivés à bon port, alors que, depuis des années, en fait depuis que Balladur a instauré un visa entre les Comores et Mayotte, il s’en noie par centaines sans que cela émeuve grand monde.

L’année dernière, 26.000 clandestins ont été reconduits du jour au lendemain sans autre forme de procès. Il est vrai que c’est insuffisant, la proportion de clandestins à Mayotte dépasse 60 %. Il vaut mieux être clandestin à Mayotte, où l’on reçoit soins et instruction, qu’habiter les Comores ou l’Afrique de l’Est.

On vient naître à Mayotte pour être un jour, droit du sol oblige, citoyen français et gagner l’eldorado de la Réunion ou de l’Europe et bénéficier de toutes les allocations et aides sociales. Curieux Français, musulmans à
95 %, souvent polygames et s’exprimant beaucoup plus en shimaore, proche du swahili, que dans la langue de Molière.

Chaque année, on compte 7.000 naissances à la maternité de Mamoudzou, dont une grande partie de clandestins, mais quand même de futurs Français. C’est la première maternité de France.

Mayotte est devenue, avec la Guyane, une des portes de l’Europe.
L’étonnant est que maintenant les Mahorais, excédés de cette invasion, demandent l’abandon du droit du sol. Des manifestants ont accueilli Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, en brandissant des banderoles l’exigeant. Le ministre s’est contenté de rappeler qu’il n’y a jamais eu autant de reconduites à la frontière que depuis que ce gouvernement est en place. Les grandes âmes de service étaient trop loin pour entendre, mais un jour elles se réveilleront.

Quoi qu’il en soit, on peut se demander pourquoi, à Mayotte, on peut expulser les clandestins en quelques heures alors qu’il faut cinq ans en France métropolitaine pour finir, d’ailleurs, par ne pas les expulser. Si on ramenait immédiatement ceux qu’on intercepte en mer, ou qui débarquent à Lampedusa et à Malte, de l’autre coté de la Méditerranée, il est probable que cela réduirait le flot d’immigrés.

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