Dans une rédaction, des collégiens ont dû imaginer leur conversion à l’islam

Professeur agrégé et écrivain
 

Guernesey est une petite île, proche de la France, au régime politique particulier et archaïque. Ce micro-État féodal compte 65.000 habitants et le nombre de musulmans qui y résident ne dépasserait pas la dizaine. Son Premier ministre a refusé sèchement d’accueillir le moindre réfugié (on voulait lui en imposer 20.000, un pour trois habitants. Une pure folie) en arguant avec beaucoup d’aplomb qu’il y avait beaucoup d’islamophobes chez ses administrés. Comme Guernesey est indépendante du Royaume-Uni, le Premier ministre n’a pas été arrêté par la police britannique, a contrario du malheureux Écossais qui avait osé protester contre l’invasion (comment dire autrement) de son île par des migrants imposés par le pouvoir d’en haut.

Cependant, la petite île vient d’être secouée par un mini-scandale. Madame Amber Stables, professeur au lycée Les Beaucamps, a demandé à ses élèves, âgés de 12 à 13 ans, d’imaginer leur conversion à l’islam.

Chaque enfant a dû écrire une lettre (fictive) à ses parents pour leurs apprendre la nouvelle, leur dire combien il les aimait, pour leur expliquer pourquoi il changeait de religion, et combien sa vie était transfigurée (ben voyons). L’élève devait conclure en espérant qu’ils accepteraient son choix. Dans sa grande mansuétude, l’enseignante a envoyé un petit mot aux parents pour les rassurer et leurs assurer que la conversion de leurs enfants était purement imaginaire, juste une « création littéraire » censée leur apprendre la tolérance.

Encore heureux que le professeur ne les ait pas obligés à prononcer ou à écrire la chahada ! S’ils avaient déclamé la profession de foi islamique (ou même simplement couché les mots sur le papier), ils seraient devenus automatiquement et irrémédiablement musulmans, condamnés à mort s’ils apostasiaient.

Les supérieurs de ce professeur ont couvert ses agissements et n’ont rien vu de litigieux dans ce devoir.

Imaginez, un instant, que dans une classe où se trouve un collégien musulman, on ait proposé d’expliquer combien c’est chouette de se faire baptiser. L’enseignant téméraire qui aurait osé donner un devoir aussi inepte aurait été, bien sûr, révoqué sur-le-champ pour prosélytisme.

Christian de Moliner
Professeur agrégé et écrivain

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