Si vous disposez de quelques jours dans votre été, ou plus tard – car les arrière-saisons y sont encore plus belles qu’ailleurs -, venez visiter Villeneuve-sur-Lot. Cette petite ville au charme indéniable s’est bâtie sur le Lot, dans une véritable histoire d’amour entre la ville et sa rivière. Villeneuve, ce sont aussi ces vues qui s’offrent à vous, toujours riches de lumière, d’histoire, d’harmonie : sa place à arcades typiques des bastides du Sud-Ouest, ses églises ou ses chapelles, comme cette chapelle Notre-Dame-du-Bout-du-Pont suspendue au-dessus du Lot et qui rappelle la protection séculaire de la Vierge, le Pont-Vieux et les tours préservées de l’enceinte médiévale…
 
Mais, cet été, le promeneur y verra aussi d’étranges vitrines dans le centre-ville. La ville de Villeneuve, à la riche politique culturelle, a décidé d’accueillir en résidence la photographe Stéphanie Lacombe pour son Mai de la photo. Et celle-ci, frappée comme tout un chacun par la désertification commerciale du centre-ville, a décidé d’attirer l’attention sur ces nombreuses vitrines abandonnées, en les peuplant de photographies mettant en scène les habitants et les nombreuses associations de la ville. Elle a voulu « montrer une ville figée, paralysée, rétrécie mais riche de ses asso­ciations ».
 
Et il est vrai que Villeneuve-sur-Lot est un condensé des maux économiques, politiques et sociaux que connaît la France. « L’exode urbain » du centre-ville n’est que l’un des nombreux symptômes de ce déclassement.
 
Face à cette situation, on observe plusieurs réactions. Il y a ceux qui, face à l’adversité, se réjouissent de cette initiative : une expo-photo dans les magasins en déshérence ? « Super ! » Oui, mais ensuite ?
 
Et il y a les acteurs des politiques qui, depuis des décennies, ont créé cette situation. Ainsi M. Cassany, maire (PS) de la ville à la faveur des ennuis judiciaires de M. Cahuzac, dans le sillage duquel il fit toute sa longue carrière. S’il cherche des justifications faciles dans le refrain fataliste du « Ce-sont-nos-habitudes-de-consommation-qui-ont-changé », Le Monde nous apprend que cette expo photo l’a aussi « poussé à réfléchir ». Son angoisse ? L’effet Béziers. Un centre historique qui se désagrège, et « l’extrême qui ramasse les décombres ».
 
Ah, la de « l’extrême droite » ! Très à la mode. Il semble même que les élus PS n’aient plus que cet argument de campagne à proposer, pour faire oublier les « décombres » de nos villes et de notre société.
 
Mais il faut au moins reconnaître à notre maire une certaine lucidité, d’abord sur l’état de la ville qu’il administre depuis plus de quinze ans, et plus généralement du pays à la fin du quinquennat Hollande, ensuite sur la perspective politique qui se dessine, après Béziers, à Villeneuve-sur-Lot et ailleurs dans le pays.
 
En effet, Villeneuve-sur-Lot concentre bien tous les paramètres qui peuvent permettre l’arrivée au pouvoir d’une non pas « extrême », mais de conviction, sans exclusive et sans sectarisme. D’abord, les socialistes locaux, marqués du label Cahuzac, surtout performants en communication et en fiscalité, bien que minoritaires, ne doivent leur maintien au pouvoir qu’à la désunion stupide des droites. Ensuite, l’opposition LR et UDI est inconsistante et minée par des querelles d’ego. Enfin, le FN, s’il réalise de bons scores, n’est pas parvenu à briser son plafond de verre, faute d’être représenté par une personnalité d’envergure et d’ouverture.
 
« L’effet Béziers » à Villeneuve-sur-Lot ? Oui, et c’est le PS qui le dit ! Mais Villeneuve-sur-Lot attend encore son Robert Ménard.

20 juillet 2016

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