La répression généralisée en , suite à la tentative de coup d’État du président Recep Tayyip Erdoğan, m’a amené à me plonger dans les publications d’Amnesty International.

Avec terreur, j’ai eu la confirmation que se déroulaient, aux portes de l’, des milliers de Midnight Express, ce film célèbre de 1978 qui décrivait les conditions de détention abominables d’un Américain dans les geôles turques. Un film basé sur des faits réels. Personne ne peut contester qu’Amnesty International fait un travail remarquable et remarqué, pour soustraire quiconque est soumis à la torture dans le monde.

Là n’est pas le problème. Là, où le bât blesse, c’est le combat qu’Amnesty croit bon de mener en , contre l’état d’urgence (qui serait discriminatoire et disproportionné), contre l’arsenal antiterroriste (qui ne serait qu’une altération de notre État de droit) et pour les droits des suspects en matière de terrorisme ou des terroristes avérés !

Amnesty déplore que la loi du 20 juillet dernier prorogeant l’état d’urgence, et apportant des mesures supplémentaires, ait été adoptée « en moins de 48 h de débat », « sous le coup de l’émotion et des peurs », « dans des conditions ne laissant pas place à un débat démocratique éclairé », et « reviendrait sur des débats révolus », « sans étude d’impact, ni exposé des motifs, ni même explication ».

Que peut-on pourtant trouver, par exemple, à redire à l’extension de 1 à 3 mois des assignations à résidence de personnes qui reviennent d’un pays en guerre mais contre lesquelles il n’existe pas de preuves ?

Que peut-on trouver à redire au fait que l’aménagement de peines soit rendu plus difficile, voire impossible, et qu’elles soient aggravées pour les personnes condamnées pour des actes de terrorisme ?

Que peut-on trouver, également, à redire à l’extension de la possibilité de recueillir directement sur tous les réseaux de communication électronique les données de personnes susceptibles d’être en lien avec une menace, qui est aussi dans le viseur de cette organisation non gouvernementale ?

Pour Amnesty, ces mesures sont une atteinte grave aux libertés fondamentales, les définitions sont trop floues et les motifs de mise en œuvre d’une justice préventive trop larges. Encore heureux que la rétention de sûreté ait été écartée, mais « jusqu’à quand ? », demande-t-elle. Ouf, ils l’ont échappé belle… Les barbares en puissance peuvent dormir tranquilles : ils ne seront pas traqués dans notre pays. Ils ont ainsi tout le temps, jusqu’à la présidentielle, d’accomplir leurs forfaits.

La position d’Amnesty International, organe éminemment respectable par ailleurs, est choquante. La défense des droits de l’homme semble sélective. Elle ne semble pas s’appliquer aux droits des innocents à ne pas se faire mutiler ou assassiner dans la rue, dans une église ou dans une salle de spectacles.

Sérieusement, peut-on encore décemment se préoccuper des libertés fondamentales de personnes capables de trancher la gorge d’un vieux curé ou d’écraser des êtres humains vivants ?

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