Editoriaux - Internet - Musique - Religion - Société - 24 avril 2015

Sex-shop à La Mecque : à quand le plug halal ?

Ça, c’est la nouvelle du jour ! Soit l’ouverture d’un sex-shop halal à La Mecque.

Déjà que dans leur plan de rénovation de ces principaux lieux saints de l’islam, nos satrapes saoudiens, non contents d’envisager une sorte de parc d’attractions, façon “islam-land”, ont rasé la maison du prophète Mohamed et de sa femme Khadija pour les transformer en toilettes publiques. Dans la série, la demeure d’Abou Bakr (premier calife de l’islam) a fait place à un… hôtel Hilton. Résultat : à en croire Ali Al-Ahmad, directeur de l’Institut du golfe à Washington, 95 % des anciens bâtiments de La Mecque ont été démolis au cours des vingt dernières années pour être remplacés par des buildings de plus en plus hauts.

Drôle de monde que le nôtre. Notre France chrétienne, à force de sécularisation à marche forcée, a chassé Dieu de notre société. Et dans le même temps, certains musulmans, résumant l’islam à un simple code vestimentaire et à de banals interdits alimentaires, auront réussi à chasser Dieu de leur propre religion.

Car ce monde qui est le nôtre est désormais devenu celui de la marchandisation du lien social, de la réification de l’être humain. Tout s’achète et tout se vend. Les corps à l’instar des âmes. Et même le ventre des femmes : viol d’entre les viols, plus mortifère que celui d’un simple déséquilibré, puisque théorisé, organisé, rationnalisé sur Internet, pieuvre des temps actuels. Votre enfant disponible sur leboncoin.com. Et si les options promises ne sont pas offertes sur le modèle de série, il est toujours possible de le refourguer ensuite. Ce n’est pas de l’humour, mais seulement une triste réalité : récemment, une millionnaire américaine plus tout à fait en âge d’enfanter a fait engrosser à sa place une pauvresse indienne, a réceptionné le tout-petit – par Fedex ? – avant de le renvoyer au service après-vente. Peut-être parce qu’il souillait sa couche tous les matins… “Salauds de pauvres !”, affirmait Jean Gabin dans La Traversée de Paris, sublime film du regretté Claude Autant-Lara. “Enculés de riches !”, serions-nous tentés de répondre en chœur.

Cette digression achevée, revenons-en à ce misérable sex-shop… Un peu monté sur le modèle de nos derniers bars-tabac français, dans lesquels on peut acheter des clopes sans avoir le droit de les fumer. Un peu comme si, dans une maison close, on payait pour emmener Popaul au cirque, mais que le Popaul en question repartait, pavillon en berne, sans même être passé par la case bonheur.

Car dans ces bobinards islamiques d’un genre nouveau, rien que des huiles, des parfums et de la musique douce – un florilège de Barry White, artiste ayant largement œuvré pour la bonne tenue de la démographie américaine dans les seventies ? Même pas. Pas de canards farceurs ou de godemichets frissonnants, non plus. Pourtant, l’hévéa, incliné en direction de La Mecque avant d’être tronçonné vivant, ça aurait pu « faire sens », comme diraient les sociologues.

Bref, le plug halal n’est pas encore pour demain.

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