Ah, ! Politicien habile devant l’Éternel. Les coups en douce, les coups de force, les coups de bambou, les coups de Trafalgar, les coups de poker et même les coups d’un soir n’ont aucun secret pour le Président « normal ». L’homme a fait carrière grâce à son intelligence tactique et son art consommé du grand écart, ou plutôt de la « synthèse ». Il consulte régulièrement son fidèle Julien Dray et le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

Difficile de relater précisément toutes les manœuvres comprises dans la manœuvre globale qui a présidé à ce remaniement. Le grand jeu a commencé en septembre, peu avant les régionales, sous l’impulsion d’un homme formé aux logiques d’appareil chez les trotskistes de l’OCI, Jean-Christophe Cambadélis. D’abord en organisant un « référendum du peuple de gauche » complètement factice destiné à unifier les diverses sensibilités de la gauche divisées par la politique menée par le gouvernement Valls II.

Enfin, en nouant des accords électoraux avec le patron de presse Jean- Baylet. Ce dernier dirige aussi le groupuscule de notables du Sud-Ouest mieux connu sous le nom de Parti radical de gauche. L’accord ne fut pas trouvé en raison de la puissance idéologique ou militante du micro-parti mais pour la puissance médiatique de son président. Jean-Christophe Cambadélis ne s’en était d’ailleurs pas caché, déclarant sans fard que Jean-Michel Baylet était « le patron non seulement de La Dépêche, mais aussi du Midi libre. Or, c’est dans cette région du Grand Sud-Ouest que va sans doute se jouer une partie de la présidentielle pour Hollande. » Pour récompense, Jean-Michel Baylet est nommé ministre à l’Aménagement du territoire. Très inquiétant pour notre démocratie.

Récemment, quelques écologistes associés à des socialistes frondeurs ont fait planer la menace d’une « primaire de gauche » ouverte. François Hollande a rapidement compris que parmi les « rebelles » se cachaient nombre d’ambitieux rêvant d’un maroquin et d’un peu de gloire. Emmanuelle Cosse agonissait d’injures encore hier François Hollande ? Donnons-lui le ministère du , elle se couchera. Peu importe qu’elle ait dit qu’il fallait accueillir « sans limite » les . Après tout, les Français doivent s’effacer. Fleur Pellerin était trop contestée ? Contentons en nommant son amie Audrey Azoulay ministre de la . Dans la République des copains et des coquins, ce sont toujours les traîtres qui gagnent. fut traité comme un malpropre mais personne ne disparaît vraiment en Sociétalie. Le voilà désormais au Quai d’Orsay ! Lui Président, il n’y aurait pas de ministres condamnés par la , disait-il. Il faudrait plutôt chercher ceux d’entre eux qui n’ont jamais été inquiétés par la !

François Hollande rassemble la gauche « arc-en-ciel », selon le mot poétique du bastonneur Jean-Christophe Cambadélis. Les troupes sont en ordre de bataille pour 2017, animées d’un objectif simple : garder les places ! Pour cela, tous les moyens sont bons. Enfumer la France avec un faux débat autour de la réforme constitutionnelle et, ainsi, passer pour des durs à peu de frais. Créer des secrétariats d’État idéologiques et fantoches comme le secrétariat d’État à « l’Égalité réelle ». Ne manque qu’un secrétariat d’État au festivisme dans cette foire hypocrite. Valls III est un fantasme de Nicolas Sarkozy matérialisé dans la réalité : l’ouverture à tout et surtout à n’importe quoi.

En 2017, vous aurez une chance de vous défaire de cette caste de tricheurs et d’incompétents. Saisissez-la.

12 février 2016

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