J’ai hâte que ce mois de ramadan s’achève. Non, non, je ne jeûne pas, je ne suis pas même musulman. Cependant, ce mois qui, pour près d’un milliard et demi de croyants, est censé être une période de sanctification, de piété et de générosité, ressemble de plus en plus à une surenchère dans la quantité de sang versé.

Vendredi 26 juin, un homme apparemment sans histoire étrangle son patron, le décapite, accroche sa tête à la grille d’une usine qu’il tente de faire sauter. Cela s’est produit dans un petit coin de France dont je n’avais jamais entendu parler jusque-là.

Le même jour, à Sousse, en Tunisie, un jeune homme de 23 ans, amateur de danse moderne, déambule sur une plage bondée de touristes se prélassant au soleil et profitant des eaux bleues de la Méditerranée. Du parasol qu’il portait, il sort une kalachnikov et ouvre le feu sur les vacanciers. Bilan : 38 morts, dont une trentaine de Britanniques. Que reprochait Seifeddine Rezgui Yacoubi à ces paisibles Européens ? Que lui avaient-ils fait ? Pourquoi cette folie meurtrière à l’égard de gens qui amènent à la devises et emplois ?

Toujours le même jour, au Koweït, un homme s’est fait exploser au milieu d’une foule de fidèles participant à la grande prière du vendredi, dans une mosquée chiite. 27 personnes tuées, 222 autres blessées. Les victimes avaient le tort de ne pas appartenir au sunnisme, le courant majoritaire de l’islam.

Encore le même jour, à Lego, en Somalie, un poste occupé par des soldats chargés du maintien de la paix est pris d’assaut par un groupe de miliciens chebabs. Des dizaines de soldats burundais sont tués. Nos grands médias n’ont quasiment pas évoqué cette attaque. Les soldats africains intéressent moins que les touristes européens, semblerait-il.

À Kobané, localité martyre de Syrie, ce sont 146 civils qui ont été tués par les forces de l’État islamique. L’annonce en a été faite le 26 juin, alors que les terroristes étaient repoussés, mais les faits se sont produits les jours précédents. Quelques jours plus tard à Palmyre, ce sont des prisonniers de guerre syriens que l’on a fait exécuter par des adolescents, pour réaliser un film de propagande.

Dans l’État de Borno, au Nigeria, pas une seule journée ne s’est écoulée sans que des tueries aient lieu. Des attentats ont également eu lieu en dehors de cet État, fief de Boko Haram : dimanche 5 juillet, 5 personnes dont une femme et ses deux enfants, ainsi qu’un pasteur, ont trouvé la mort dans un attentat contre une église, dans l’État de Yobe. Comme si cela n’était pas suffisant, Boko Haram a étendu ses activités meurtrières aux pays voisins : Niger, Cameroun et maintenant Tchad. Ce samedi 11 juillet, ce sont 15 badauds qui ont trouvé la mort à l’entrée du grand marché de N’Djamena, la capitale tchadienne, lorsqu’un homme déguisé en femme s’y est fait exploser. Déjà, le 15 juin, deux attentats-suicides avaient été commis dans cette même ville, faisant 27 morts.

La liste serait trop longue pour que je puisse citer toutes les horreurs perpétrées au nom de l’ en ce mois de ramadan. On l’a vu, les victimes sont très diverses : un chef d’entreprise français, des touristes européens, des musulmans chiites, des soldats burundais, des Kurdes, des musulmans sunnites, etc. Il serait par contre intéressant de trouver des traits de ressemblance chez les massacreurs et dans leurs motivations. Qu’est-ce qui peut bien convaincre une personne saine d’esprit que massacrer son prochain et, pour ce faire, sacrifier sa propre vie, répond à un commandement divin ? Où est-il écrit que répandre le sang assure l’accès immédiat au paradis ?

L’image de l’ dans le monde s’est considérablement dégradée en ce mois de ramadan. Il est grand temps que les théologiens musulmans de toute obédience relèvent le défi d’expliquer à leurs brebis égarées que Dieu, clément et miséricordieux, abhorre le sang versé en Son nom…

Oui, vraiment, vivement la fin de ce mois de ramadan !

12 juillet 2015

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