Est-ce une spécificité française ? En effet, grande est l’impression que nos médias s’acharnent à traiter les problèmes à l’envers. Ainsi instruisent-ils le procès des forces de l’ordre et sensiblement moins celui des fauteurs de désordre. Et Manuel Valls n’a pas tort de rappeler qu’un ratio d’un policier pour à peine plus d’une quinzaine de badauds n’a globalement rien d’extravagant. Après, nos pandores n’auraient pas été assez « réactifs » ? Les images disponibles semblent démontrer le contraire. Que la hiérarchie n’ait pas été à la hauteur et n’ait pas donné en temps et en heure les consignes idoines, cela est peut-être plus probable et ce ne serait pas la première fois que des compagnies entières de CRS auraient laissé les voyous faire leur « marché », faute de directives. Dès que l’on touche à la racaille, la Place Beauvau connaît parfois vapeurs et pudeurs de jeune fille…

Les voyous en question, donc, qui sont-ils ? Fruits blets d’une de masse, dévorés par les démons de notre époque : individualisme, hédonisme, culture du paraître, de l’immédiateté et de l’hyper-consommation convulsive. Bref, ils ont fait leur shopping avec leurs moyens à eux. En ce sens, ils sont les enfants dégénérés de ce couple maudit que pourrait former et Alain Madelin, le libertaire et le libéral. Le premier n’est pas pour rien dans le culte de l’émeute de rue – il nous raconte son Mai 68 comme d’autres n’en finissent plus de nous refaire leur Vercors imaginaire. Ajoutez à cela la jouissance sans entraves, accouplée au marché sans règles du second, et l’on aboutit à ces Golems des temps nouveaux. Ces sauvageons, ces « enfants terribles » sont aussi ceux de cette société continuant de déambuler, tel un canard sans tête.

À lire les commentaires de la dernière et excellente tribune de Yacine Zerkoun, on voit aussi que le fait religieux s’invite à nouveau à la table. Pas la peine d’être ethnologue, il suffit d’ouvrir les yeux pour voir que ces voyous sont de « type méditerranéen », tel qu’on l’écrit sur les mains courantes des commissariats. Soit. Mais qu’est-ce que l’ vient faire dans cette affaire ? À force de mettre les religions à toutes les sauces, le brouet obtenu devient imbuvable. L’islam, la ou la culture des voyous ? On peut le voir comme ça. Tout comme on peut aussi considérer que le est celle des prêtres pédophiles, des maffieux italiens et russes, et même celle de ces gangs hispaniques qui, à Los Angeles, tuent un homme pour dix dollars, un flingue au bout du bras, bras sur lequel seront tatoués Christ Roi et Vierge Marie. On peut même, affaires Madoff et Lehman Brothers obligent, estimer que le judaïsme est religion de filous prévaricateurs.

Oui, on peut dire tout ça, tant que proférer des âneries ne relèvera pas du délit pénal ; ce qui laisse du temps.

D’ailleurs, pour en revenir à l’islam, si cette religion est criminogène, comment expliquer que Téhéran ou Istanbul (je cite des capitales que je connais bien, de ne pas être taxé d’affabulation) soient parmi les plus sûres au monde ? En ces terres musulmanes, on peut marcher plusieurs kilomètres sans croiser un flic et, quand d’aventure on en aperçoit un, il n’est même pas armé…

Ainsi, le problème de nos voyous n’est pas qu’ils soient « musulmans », mais qu’ils ne le sont pas assez. Le débat est ouvert.

15 mai 2013

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