Discours - Editoriaux - Politique - Religion - 4 août 2014

Philippe Barbarin, un homme courageux

Alors que le Président, entouré de nombre de ses ministres, était totalement occupé à gérer le crash de l’avion d’Air Algérie, le sort des chrétiens du Moyen-Orient, et en particulier ceux d’Irak, ne semblait pas l’interpeller jusqu’alors. Soucieux de préserver les “communautés”, celle-ci échappait pourtant à sa compassion télévisée.

Préoccupé par les vacances et la rentrée qui va leur succéder, intense, difficile et, selon Manuel Valls, à rebours de l’optimisme jusqu’alors affiché, il n’a que peu prêté attention au sort infâme infligé aux chrétiens de Mossoul par les cavaliers de l’apocalypse djihadiste. L’Europe, embourbée dans la constitution d’une nouvelle commission, avec les intrigues que l’on subodore de ce côté-ci de la frontière, et qui a oublié ses racines chrétiennes grâce à quelques visionnaires laïcs tels que Chirac, est totalement silencieuse. Et l’on préfère conjurer avec force cérémonies les fureurs du passé – exaltation illustrée par cette longue accolade franco-allemande – que s’attaquer aux noirceurs de l’avenir dont elle pourrait être victime.

Cependant, en toute laïcité, et sous l’étendard des droits de l’homme que la France ne cesse de brandir, mais de manière de plus en plus discrète, une vision stratégique réaliste devrait convoquer un état-major de guerre pour préparer des armes défensives et sans doute offensive contre le “Grand Remplacement” qui menace notre pays et le Vieux Continent, avec ce scénario irakien prédictif ! Contre l’hypothèse d’une invasion qui a déjà lancé ses avant-gardes dans nos démocraties bienveillantes et accueillantes, notre dissuasion nucléaire restera inerte et inefficace et ne menacera plus que nos écologistes…

Un homme d’Église s’est levé, sortant celle-ci de son mutisme prudent et œcuménique. Le pape François avait bien fomenté un symbole fort entre ennemis palestiniens et israéliens en les faisant venir à Rome, mais hélas, aucun miracle n’en est résulté. Et maintenant, le discours et les gesticulations sont bien sourdes du côté du Vatican à propos du drame qui se joue dans la cité de Mossoul et ses environs. L’ONU, de la même manière, est focalisée sur la bande de Gaza et la perspective de confondre les Casques bleus avec des soldats de Dieu doit répugner au Conseil de sécurité.

Philippe Barbarin, cardinal-archevêque de Lyon – au patronyme étrangement paradoxal – s’est levé pour bousculer toute ces indifférences complices et s’est rendu en croisade pacifique sur la terre des populations opprimées par des barbares revenus des tréfonds de l’obscurantisme. Si les croyants y voient une démarche de confraternité forte, les athées peuvent l’analyser comme un acte politique clairvoyant qui rend bien timorées les abjurations officielles postérieures à son voyage et « l’impérieuse nécessité d’assurer la protection des minorités, afin de leur permettre de rester dans leur pays comme c’est leur souhait, et de préserver la richesse et la diversité de l’Irak », selon François Hollande.

Le primat des Gaules, à la rescousse d’une diplomatie défaillante ou nouvel acteur politique majeur ?

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