J’ai vécu l’enfer hier dans le RER B, et toute ma compassion va aux utilisateurs quotidiens de la RATP.

Entassés comme des damnés dans une promiscuité et un inconfort insupportables. Les nouvelles rames sont censées être « rafraîchies » sinon climatisées, mais je transpirais à grosses gouttes par une chaleur quasi tropicale. Nous avions été poussés à l’intérieur de la rame par des agents « fluidificateurs de trafic », emplois- d’avenir !

Je ne peux m’empêcher de penser que les « travailleurs » qui se rendent chaque jour à leur poste méritent un autre traitement que ces bétaillères dans lesquelles ils s’entassent deux fois par jour et qui plombent instantanément les meilleures volontés et le dynamisme des plus optimistes ; probablement y a-t-il des problèmes techniques qui s’opposent à une plus grande fluidité des rames de transport RATP, et des problèmes budgétaires pour la rénovation des stations, mais une socialisante comme l’est la nôtre depuis l’après-guerre devrait avoir à cœur de se donner comme priorité le confort de ses travailleurs qui devraient aller plus gaiement gagner le salaire leur permettant de payer l’impôt… impôt qui, je le répète, devrait aller en particulier vers une modernisation des infrastructures utilisées par plus de 10 millions de personnes chaque jour en région parisienne.

Quand j’utilise ces rames bondées et vétustes qui circulent sous terre dans des tunnels noirs et sales, je pense au film d’Indiana Jones où un peuple d’enfants était exploité dans des mines souterraines ; je pense à madame et à son chauffeur et aux notes de taxi ; je pense que nous travaillons pour le train de vie de ces gens-là, qui ne savent même pas ce qui se passe sous terre, où ils ne sont jamais allés.

Je rêve d’une station Châtelet, la plus grande gare souterraine du monde (par laquelle transitent chaque jour plus de 750.000 personnes), propre, lumineuse, agrémentée d’œuvres d’art (protégées, bien sûr), mais n’est-ce pas au quotidien que nous devrions être confrontés à la beauté et non lors de trop rares visites au musée ? On pourrait utiliser les fonds inexposés du Louvre et les faire tourner. Cela témoignerait, de la part de nos « décideurs », d’une vraie vision sociale de l’utilisation de nos impôts, doublée d’un souci du bien-être et de l’éducation artistique des masses laborieuses actuellement abruties par la lutte pour l’accès à la rame et la laideur souterraine.

L’utopie n’est pas difficile à mettre en œuvre, mais qui se soucie en haut lieu des « travailleurs » ?

28 juin 2015

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