Comme disait Jean-Paul II, “France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ?”. Certains seraient en droit de demander d’autres comptes sur ce thème : “France, qu’as-tu fait de ton modèle social ?”. Ce dernier ne remonte pas à hier. La preuve par les Hospices de Beaune, là où, sous l’Ancien Régime, pauvres et nécessiteux étaient soignés à l’œil ; les riches mettant la main à la bourse tout en bénéficiant, déjà, des reçus fiscaux de l’époque. Puis la sociale. Soit une longue continuité, malgré les aléas de l’Histoire…

Aujourd’hui relayés par notre confrère , ces chiffres du Secours catholique font plus que froid dans le dos. 535 euros par mois, revenu désormais devenu salaire médian des 600.000 bénéficiaires de cette association, “personnes qui viennent frapper aux portes des permanences, qui pour obtenir un petit déjeuner, qui une douche ou un abri pour la nuit”.

Les trois quarts de ces infortunés font manifestement partie “des 4 % les plus pauvres de la population française”. Soit 2,1 millions de nos compatriotes. Pire encore, cet autre chiffre : 43 ans. Soit l’âge moyen de ceux qui doivent mendier pour vivre. Âge moyen, mais tout aussi médian : soit celui de l’entre-deux, celui où l’envie de se tirer une balle dans la tête ou d’allumer le gaz n’est jamais loin. Pauvre à vingt ans ? La belle affaire ! La vie est là, devant soi et assez de printemps au compteur des années qui passent pour se refaire la cerise. La cinquantaine tombée, il est souvent trop tard pour envisager une existence nouvelle, nonobstant les technologies nouvelles nous promettant de vivre jusqu’à deux cents ans, fût-ce comme des zombies.

Mais 43 balais, c’est une tout autre affaire… Trop vieux pour être jeune et pas assez vieux pour toucher la retraite ; laquelle sera évidemment de misère. Les fesses entre deux chaises et le pal dans le fion, si l’on résume. Pour clore, un dernier chiffre : 33,6 % des récipiendaires de cette honorable charité chrétienne sont des… étrangers. Clandestins, sans-papiers, éternels demandeurs d’asile. Voilà qui en dit beaucoup sur l’actuelle de la France, et aussi celle des gouvernements l’ayant précédée.

Longtemps, il fut prétendu que notre vieille France faisait figure de miroir aux alouettes pour de nouveaux impétrants exotiques. On y bouffait gratis et le plein-emploi s’y nichait à tous les étages. Théorème que semblent mettre à bas de nouveaux arrivants ne rêvant plus que d’Angleterre ou d’Allemagne. Bref, la France ne fait même plus rêver. Encore un signe qui ne trompe pas, ne trompe plus.

Dans l’intervalle, alors que l’inexorable paupérisation du peuple français devrait être la priorité de ceux qui le gouvernent, ceux-ci paraissent se focaliser sur des enjeux à leurs yeux autrement plus urgents : multiplication des tablettes tactiles à l’école, réécriture de l’histoire de cette nation tout de même un peu née à l’époque du sacre de Clovis, à Reims, mariage de ceux qui, réticents à la simple idée qu’un homme puisse se faire un petit nid tout chaud à l’intérieur d’une femme, exigent désormais que certaines pratiques, jusque-là cantonnées dans le cadre des loisirs d’ordre privé, deviennent norme sociale en attendant d’être remboursées par la du même nom.

Et c’est ainsi que crèvent les sociétés traditionnelles à petit feu, et les pauvres en guise de victimes collatérales. Dans le silence et l’indifférence.

Que fait la police, comme on dit ? Les argousins ont bien mieux à faire : se porter garants des élégances démocratiques, par exemple et au hasard. Un peu comme une vieille putain se ferait ravaler le groin et lifter le postérieur avachi. En attentant la grande jacquerie électorale, quelle époque à la con.

5 novembre 2015

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