Dans une interview accordée mardi 2 décembre au quotidien britannique The Independent, Ramtane Lamamra, ministre algérien des Affaires étrangères, a affirmé que l’intervention militaire étrangère en , sous le quinquennat de Nicolas sarkozy, avait empêché les Libyens de se diriger vers une transition pacifique à laquelle Mouammar El Kadhafi n’était pas opposée.

Quatre années après son renversement, son assassinat, tous les pays du Maghreb et du Sahel en veulent toujours aux occidentaux d’être intervenus inopinément et les tiennent pour responsables du chaos généralisé actuel.

La Libye ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui si la communauté internationale avait laissé l’Union africaine régler la crise pacifiquement, comme elle s’était proposée de le faire.
Ramtane Lamamra estime par ailleurs qu’une “intervention militaire étrangère peut devenir une partie du problème et non une partie de la solution”.

Abdelkader Messahel, ministre algérien des affaires maghrébines et africaines, affirme, lui, dans le quotidien algérien El Watan, que tous les pays maghrébins et africains sont aujourd’hui menacés par une infiltration massive de plusieurs milliers de terroristes djihadistes qui se regroupent actuellement le long des frontières.

D’après ces deux ministres, directement concernés, seul un processus de paix en cours, piloté par les Nations unies qui, on ne peut que l’espérer, sera respecté scrupuleusement par la communauté internationale, peut mettre fin à cette guerre civile qui oppose les deux gouvernements libyens  depuis 2011 (Tripoli et Tobrouk).

Les multiplications d’attentats terroristes au Maghreb, notamment en Égypte et en Libye, annoncent très clairement une implantation de plus en plus forte, y compris en , où tout le Sahel est infesté de groupuscules terroristes,en particulier Boko Aram qui a fait allégeance à l’État Islamique le 7 mars 2015 et qui est aujourd’hui le groupe terroriste le plus sanguinaire du monde avec plus de 7000 assassinats.

La Libye devient la nouvelle place forte de DAECH, avec l’afflux de milliers d’éléments qui fuient le proche-orient vers l’Afrique devant l’intervention russo-occidentale qui ne fait que se développer.

Algérie, Tunisie, Egypte, Niger, Tchad, Soudan, tous ces pays attendent que l’allemand Martin Kobler, qui connaît très bien le monde arabe, réussisse là où a échoué l’espagnol Bernardino Leon.

En attendant l’Algérie, comme les autres pays, est confrontée au recrutement intensif de nombreux étudiants pervertis par la nébuleuse terroriste de DAECH.
De nombreuses cellules de recrutement piègent, notamment sur les réseaux sociaux et certaines mosquées de Boumerdès, Tlemcen et Alger.

Une importante cellule vient d’être démantelée par la gendarmerie à Tlemcen. Composée de 27 étudiants dont le cerveau était une jeune femme de 33 ans, épaulée par un agent de l’Algérienne des Eaux.

Plusieurs étudiants ont rejoint la Syrie, par la Turquie, et de nombreux autres les rangs d’AQMI.

Son interrogatoire a permis l’arrestation de deux douzaines de recruteurs qui avaient des liens directs avec DAECH basés en Turquie et en Syrie, mais également des éléments très actifs au Maroc, dont on parle peu mais qui est une véritable plaque tournante du recrutement terroriste.

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