La première journée de la laïcité n'a mobilisé ni les enseignants, ni les élèves. Pourtant, la Ministre a donné l'exemple en se rendant sur le terrain, à la rencontre d'une classe de sixième au collège Matisse, dans le 20e arrondissement.
Ces citoyens en herbe en culottes courtes et jupes roses (à moins que ce ne soit l'inverse) ont, eux, déployé une belle énergie. Ils ont notamment réalisé un “mur d'expression” à l'intention de la Ministre qui, comme Hollande chez Lucette, avait certainement annoncé sa venue. Certes, ils ont un peu confondu laïcité et tolérance mais, à cet âge, la faute est vénielle.

Parmi les phrases des collégiens, on lit celle-ci: "Tu dessines, t'es mort. T'écoutes de la musique, t'es mort. Tu vas au bar, tu meurs". Son auteur n'est problablement pas l'un des 857 apprentis djihadistes signalés à l'Éducation nationale, et ce slogan n'est donc pas une menace haineuse mais bien une dénonciation indignée du fanatisme religieux. Seulement voilà: il pointe du doigt les seuls attentats islamistes. Evidemment, pour trouver des quidams assassinés, parce qu'ils écoutaient de la musique, par des chrétiens, des juifs, ou même des athées radicaux, il faut chercher longtemps. Mais gageons que Mme Vallaud-Belkacem, exaspérée par cet exemple scandaleusement tendancieux, a tancé vertement le garnement et lui a donné à copier cent fois: « Je ne tiendrai plus de propos discriminatoires susceptibles de favoriser les amalgames. »

Après la visite de l'exposition et une interrogation orale destinée à s'assurer que les élèves ont bien compris la leçon, c'est, comme de juste, au tour de Madame la Ministre de s'exprimer. Le Figaro rapporte ainsi : Aux élèves, elle explique que la laïcité peut être "contestée", "soit par ceux qui arborent des signes religieux, soit par ceux qui la dévoient et voudraient en faire un instrument de lutte contre une religion". Elle a raison : la laïcité a bien souvent été dévoyée, depuis 110 ans... notamment par ses amis socialistes et “républicains”, et jusqu'à ces dernières semaines, avec la déplorable affaire des crèches de Noël, pour "[lutter] contre une religion", le catholicisme. Mais la ministre s'est bien gardée de faire un cours d'histoire trop poussé, qui pouvait se révéler périlleux. Par ailleurs, le vocabulaire, inintelligible pour des enfants de onze ans, et la présence de la presse ne laissent aucun doute : c'est aux (é)lecteurs que s'adressait en réalité ce membre du gouvernement, à quelques jours du second tour des régionales. Et la journaliste, qui commente ainsi ces accusations faussement sibyllines, pourrait bien nous donner le fin mot de l'histoire : Si explique la laïcité aujourd'hui à des collégiens, elle ne perd pas de vue les élections régionales et le score du Front National.

46 vues

13 décembre 2015

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • Les liens sont interdits.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.