Quand les 33 miss régionales furent regroupées pour l’ouverture de l’émission, samedi soir sur TF1, j’ai presque cru que ma télé m’avait lâché ! Il y avait visiblement un problème de couleur. Que du blanc ou presque. Pourtant, Rokhaya Diallo, Claude Askolovitch et Nicolas Domenach m’avaient dit que ““la avait changé, devait changer encore davantage, et que c’était une bonne chose”, Sarkozy avait clamé que “l’heure était au métissage”. Alors, j’ai appuyé maintes fois sur le bouton de la télécommande. Navrant, c’était terriblement monochrome. Il a fallu s’y faire, même si cela nous rappelait les heures les plus… euh… sombres de notre histoire.

Qui plus est, même si vous ne me croirez sans doute pas, ce n’était pas prévu que je regarde ce concours. L’idée de passer trois heures avec Bruel (président du jury) et Jean-Pierre Foucault n’avait rien d’enthousiasmant. Mais le charme vieille France de cette compétition m’envoûta derechef. Alors qu’on s’attendait à une énième apologie de la et du vivre ensemble, alors qu’on se préparait, tôt ou tard, à une inévitable miss Languedoc voilée ou miss Auvergne en boubou, la grâce de souche étincela soudain sur nos écrans. Les petites filles de Jeanne d’Arc étaient encore en vie. Et en plus, on était à Orléans.

Leur beauté de souche, leur patronyme sentant souvent la vieille pierre moussue de nos châteaux et nos églises, les candidates se présentaient, une à une, dans le cadre sublime de leur région. Le mont Saint-, , le Limousin, la diversité bien de chez nous tapaient dans le mille, même si la production se sentit obligée d’inviter le « comique » djeune Kev Adams, histoire de “médiocriser” un peu tant de pureté cristalline. Un peu comme si un gamin insolent versait un pot de ketchup sur un grand plat de Vatel. Soit, c’était la minute “idiocracy”.

Les blondes incendiaient le concours. Les Françaises pouvaient donc être blondes ? On se croyait presque dans un livre d’histoire de France peuplé de princesses aux cheveux d’or ou dans un programme de l’ORTF du temps du Général. Ce fut la plus belle qui fut élue, pour une fois, la dénommée Camille Cerf, première lauréate de l’histoire du Nord-Pas-de-Calais.

Samedi matin, la presse régionale de l’est de la France avait pourtant mis la pression sur le public avec un article signé Hakima Bounemoura. Un bijou de fourberie intellectuelle qui insinuait que la France un peu raciste sur les bords n’élisait pas forcément une miss “représentative” de la diversité sacro-sainte. Cela n’a pas suffi : décidément, le peuple ne vote plus comme il faudrait !

8 décembre 2014

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