Les casseurs, on le sait, prennent pour cible les policiers. Des policiers qui manifestent ce mercredi de façon totalement inédite, pour dénoncer la « haine anti-flic » et réclamer enfin un peu de fermeté. « Ils en veulent clairement à nos vies », témoignait sur France Info un policier blessé. D’aucuns disent qu’il faut relativiser. Que les flics ne sont pas non plus des enfants de chœur. Qu’on les a vus à l’œuvre, hein, dans d’autres manifs.

Depuis quelques jours, les casseurs s’attaquent aussi aux militaires. Comme le montre une petite vidéo prise devant le musée de l’Armée, aux Invalides. « Tout le monde vous déteste, enc… de militaires ! » éructent les casseurs qui tentent de rentrer, frappant, cognant, balançant des projectiles, tandis que les soldats à l’entrée, pris pour cibles, battent en retraite et se pressent de fermer les grilles.

Et ceux-là, que leur ont-ils fait ? Va-t-on aussi les regarder, bras croisés, se faire caillasser ? On les respectera une autre fois, quand ils reviendront aux Invalides les pieds devant, après s’être fait trouer la patate au Mali ou en Centrafrique, et qu’il faudra bien épingler une ou deux décorations sur leur cercueil ?

Car, dans notre pays, il y a et Nuit debout. Nuit debout vautrée place de la République, celle que politiques et people engagés draguent et encensent. Nuit debout violente, sectaire et désœuvrée, souillant les rues qu’elle occupe, vandalisant le mobilier urbain qu’elle croise sur son chemin.

Et il y a Nuit debout cachée au fin fond de l’, infiniment moins médiatisée et courtisée, qui veille en silence non pas pour que, demain, on rase gratis et que les poules aient des dents, mais pour défendre les intérêts de la France. Nuit debout qui, après l’Opex, enchaînera avec Sentinelle, parce que les budgets militaires, réduits année après année comme peau de chagrin par des gouvernements inconséquents, ne permettent pas une relève suffisante, loin de la famille qu’elle a laissée dans une ville de garnison en rase campagne – à l’instar de Verdun où, on l’a vu, les édiles portent haut les couleurs de l’armée française -, les régiments, comme chacun sait, servant à soutenir les tissus sociaux moribonds par une population calme, remplissant les écoles et ne vivant pas des prestations sociales.

Mais quelle sorte de signal d’intransigeance, d’implacabilité, de screugneugneu-on-va-voir-ce-qu’on-va-voir renvoie donc aux terroristes le spectacle de nos soldats l’arme au pied, conspués en toute impunité par une bande d’étudiants attardés ?

18 mai 2016

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