Le 1er septembre s’est déroulée la plus importante manifestation de l’histoire du . Une marche pacifique de plus d’un million de personnes réunies pour protester contre le désastre économique, l’absence d’aliments et de médicaments, pour se révolter contre les conditions dans lesquelles vit la grande majorité du peuple vénézuélien.

Maduro et les services cubains qui dirigent le pays avaient deux possibilités : ou bien interdire la manifestation, déclarer l’état d’exception, suspendre les garanties constitutionnelles et dissoudre l’Assemblée – menace évoquée par Maduro, le jour même, lorsqu’il a parlé d’emprisonner le président de l’Assemblée, Henry Ramos Allup – au prétexte d’un supposé coup d’État, planifié de Washington (bien entendu !) ; ou bien tenter d’empêcher la manifestation par toutes sortes d’intimidations policières et des milices armées chávistes. Ils ont choisi cette dernière possibilité et ils ont échoué : la marche de Caracas, à l’appel de l’opposition qui demandait aux Vénézuéliens de “prendre Caracas”, a été un succès.

Comme l’observe Carlos Alberto Montaner, il est possible d’empêcher une manifestation à Cuba, où le contrôle social est presque total : “Les rues appartiennent à Fidel”, comme il dit. L’appareil policier cubain, auquel s’ajoutent les services secrets et les « gros bras » du Parti communiste cubain, dissuade les manifestants. Au Venezuela, ce n’est pas encore possible. Certes, l’opposition a peu de pouvoir ni de ressources ; elle occupe certains postes – maires, gouverneurs et députés – mais elle n’a pas les budgets qui permettent de fonctionner, ni l’argent confisqué par les chaises.

La mobilisation monstre a-t-elle servi à quelque chose, s’interrogent certains commentateurs et analystes. Incontestablement, la réponse est oui. Cette protestation pacifique a permis de confirmer que la majorité souhaite le départ de Maduro et de son gouvernement, responsables de la ruine du pays. Elle a renforcé le sentiment d’unité – unité des Vénézuéliens et unité de l’opposition.

D’après les enquêtes d’opinion, Maduro et son gouvernement sont rejetés par 80 % des Vénézuéliens, y compris une bonne partie des secteurs les plus pauvres qui survivent difficilement dans le pays.

Les manifestations vont continuer. Samedi 3 septembre, dans l’île de Margarita, Maduro a été accueilli par les bruits de casserole des habitants et a dû fuir les huées de la protestation. Les Vénézuéliens se sont de nouveau mobilisés le 7 septembre et recommenceront le 14.

La majorité d’entre eux souhaite obtenir les dates du référendum révocatoire prévu par la Constitution vénézuélienne. Les chávistes s’emploient à éviter, à retarder l’organisation de ce référendum afin de se maintenir au pouvoir. Ils invoquent la Constitution, qu’ils ne veulent surtout pas respecter.

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