Pas de quoi avoir la banane en ces temps de totalitarisme idéologique. Ras le bol de ces bûchers allumés, çà et là, par les Torquemada de cette pseudo-gauche en perte de vitesse ! Minute fait sa une – bête et méchante, aurait, naguère, clamé feu Hara-Kiri – sur un ministre malgré tout impopulaire – qu’une impudence infatuée fait opportunément sortir du bois –, voilà la machine d’État – pachyderme impotent depuis que Bruxelles la supplée en tout – qui sort de sa torpeur, s’ébroue et expectore en un râle moribond une indignation bon marché, jusque-là réservée aux valets stipendiés du MRAP et de SOS Racisme.

Au lieu d’affronter les problèmes du jour que sont les dramatiques fermetures d’usines, les licenciements douloureux ou le chômage endémique, Hollande, s’inspirant de son maître Mitterrand – le talent et la culture en moins –, tire les ficelles usées de l’antiracisme malodorant, avatar de l’antifascisme des années trente. Hollande est contesté, conspué même, le « gouvernement » conchie sur le peuple de France qui n’en peut mais. Et tout le monde se met à entonner le couplet de la « République en danger », des « valeurs bafouées » d’icelle et de son corollaire indispensable, la « terrrrible » extrême droite, cette brechtienne « bête immonde » au « ventre encore fécond ».

Le raccourci subliminal est d’ailleurs vite fait. Marine Le Pen progresse à vitesse exponentielle dans les intentions de vote ? La faute aux galeux de Français, ces racistes indécrottables, mus par les mânes de Drumont, Gobineau, Maurras, Pétain, auxquels on adjoindra, sans craindre un contraste aussi saisissant qu’ironique, Zemmour, Finkielkraut et, pourquoi pas, Dieudonné. En conclusion, la France est raciste, voire l’a toujours été, si l’on en croit le Franco-Togolais Kofi Yamgnane, ex-sous-ministre de l’Intégration, Mitterrand regnante, depuis passé aux oubliettes de l’Histoire.

Comme nous l’écrivions dans notre dernier opus : « Il est grand temps de faire tomber les et de dénoncer la chape de plomb de cet antiracisme d’État insupportable qui classe la France au rang des dictatures qu’elle croit combattre au nom des droits de l’homme, dont elle n’hésite guère à bafouer les principaux piliers, à commencer par la liberté d’expression. […] Il faut bien comprendre que l’antiracisme n’est rien moins qu’un racisme, voire un racialisme et, comme tel, un suprématisme. […] Au nom de la supériorité inconditionnelle de la race humaine, l’antiracisme officiel nie, du même coup, les particularités essentielles attachées à telle ou telle population du globe. Il prétend, dans son dessein totalitaire, refaire l’humanité comme il voudrait qu’elle fût et non en prendre acte telle qu’elle est. Cette volonté constructiviste de façonner un homme nouveau est la principale caractéristique de toutes les idéologies mortifères du XXe siècle, sous-tendues par une haine foncière de l’homme. Alain Finkielkraut résumera en affirmant que “l’antiracisme est le communisme du XXIe siècle”. »

CQFD.

18 novembre 2013

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