Après les Corses en 2003, les Guyanais et les Martiniquais en 2009, les Alsaciens ont à leur tour refusé de se détacher de la France.

Car, ne nous leurrons pas, tel était le but du référendum de dimanche dernier. À terme, il est prévu dans les cartons de l’Association des régions frontalières européennes de transformer l’Alsace en une euro-région, fondue avec le pays de Bade et recevant ses ordres directement de Bruxelles sans passer par Paris, au plus grand plaisir de l’Allemagne, véritable deus ex machina de la länderisation de l’.

N’oublions pas que Rudolpn von Thadden, historien allemand proche du SPD et ancien coordinateur de la coopération franco-allemande auprès du gouvernement fédéral allemand, confia en juin 2001 dans un moment de franchise que « pour faire l’Europe, il faudra défaire un peu la France », omettant au passage, par politesse, de préciser de quelles provinces la France devrait être amputée…

Pour son plus grand bonheur, l’Allemagne trouva face à elle des élites françaises acquises au mondialisme. Très naturellement, ces dernières envisagèrent la destruction programmée de leur pays comme le corollaire logique et souhaité de la construction européenne, du multiculturalisme et de la mondialisation.

C’est ainsi que, sans l’ombre d’un remords, à trois reprises en dix ans, furent organisés des référendums destinés à détacher de la France certaines de ses régions. Mais si les Français votent de façon suicidaire lors des diverses élections, ils ont pour habitude de se rattraper lors des référendums. À chaque reprise, le peuple vota non, malgré des particularismes régionaux très vifs, frôlant parfois les pulsions séparatistes.

Pourquoi ces frondes successives ? Parce que, à chaque référendum, le peuple, tel le 29 mai 2005, a senti d’instinct que ses responsables politiques lui préparaient un sale coup. Le peuple français sait que si la France recule, ses conditions de vie régresseront. Il a compris que, face au droit européen qui a mis en place la mondialisation néolibérale, via la consécration des « 4 libertés » (liberté de circulation des capitaux, des personnes, des services et des marchandises), la France est son unique rempart. À raison, il a identifié la Commission européenne comme son ennemi et la France comme son bouclier.

Ainsi, contrairement à ses élites félonnes, le peuple français refuse que la France soit démembrée.

À l’annonce des résultats, l’auteur de ces lignes avoue avoir eu une pensée émue, songeant à la première nouvelle des Contes du lundi, d’Alphonse Daudet, La Dernière Classe. Cette nouvelle se passe juste après la défaite de 1870 et narre la dernière leçon de français de petits écoliers alsaciens, que le conquérant prussien va dorénavant tenter de transformer en Allemands. Voici comment cette petite histoire s’achève :

Tout à coup l’horloge de l’église sonna midi, puis l’angélus. Au même moment, les trompettes des Prussiens qui revenaient de l’exercice éclatèrent sous nos fenêtres… M. Hamel se leva, tout pâle, dans sa chaire. Jamais il ne m’avait paru si grand.

« Mes amis, dit-il, mes amis, je… je… » Mais quelque chose l’étouffait. Il ne pouvait pas achever sa phrase. Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie, et, en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu’il put : “VIVE LA FRANCE!”

Dimanche dernier, les Alsaciens ont entendu le message posthume de monsieur Hamel.

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