Voilà un voyage qui ne manquera pas de faire débat : ce qui au départ ne devait être qu’une rencontre œcuménique avec le patriarche orthodoxe Bartholomée de Constantinople est en train de prendre une toute autre dimension. Chacun des faits et gestes du pape François en est observé à la loupe, comme ce moment de recueillement, hier, à la Grande Mosquée Bleue d’Istanbul où François a osé faire ce que Benoit XVI n’avait qu’esquivé : donner l’image d’un pape en prière dans un lieu de culte musulman. « Il ne pourra s’agir pour un chrétien dans une mosquée que d’un moment de méditation et en aucun cas d’une prière officielle », avait prévenu, prudent, un porte-parole du . On aurait pu penser que le Saint Père en ferait de même, sans ambages cette fois, un peu plus tard à Sainte Sophie, l’ancienne église byzantine où Paul VI en 1967, qui avait prié en ce lieu, n’avait pas craint de créer un incident. François s’est contenté de signer le livre d’or en rappelant néanmoins cet extrait, on ne peut plus clair, du psaume 83 de la Bible : « De quel amour sont aimées tes demeures, Seigneur ». Voila qui a le mérite d’être clair à l’encontre des qui voudraient en refaire une mosquée…

Mais la controverse de ce voyage est aussi « laïque » avec un passage obligé à son arrivée au tout nouveau et très luxueux palais présidentiel d’Ankara, avec d’un millier de pièces, qui s’étale sur 200.000 m2, un peu moins de la moitié de la superficie de l’État du Vatican. Le président turc Recep Tayyip Erdogan en avait réservé la primeur au pape François qui s’en serait bien passé …

Mais revenons-en à ce que qui pourrait bien être l’essentiel de ce voyage. Si le Saint-Père est venu en Turquie, c’est surtout pour rencontrer une fois encore le Patriarche Bartholomée et participer à ses côtés aux festivités de la fête de Saint-André, patron du Patriarcat œcuménique de Constantinople et fondateur de l’ d’Orient. Ce matin, après la Divine liturgie en l’église Saint-Georges, le Saint-Père et le Patriarche Bartholomée signeront une déclaration conjointe. L’essayiste Jean-François Colosimo, président du directoire des éditions du Cerf, souhaiterait que les deux prélats y réaffirment leur volonté de tout entreprendre pour rapprocher nos Églises chrétiennes : « Il est temps que les trois Rome : la Rome historique du Pape François, la deuxième Rome de Byzance-Constantinople de Bartholomée, et la troisième Rome, la Rome rêvée de Moscou de Cyrille se retrouvent ».

29 novembre 2014

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