Un article de José Meidinger rappelait que la France n’a pas ratifié la Charte européenne des et minoritaires et plaidait pour cette confirmation officielle. Je souligne que si la France n’a pas entériné son accord initial, c’est qu’une forte opposition s’est faite et maintenue, d’abord par la voix solennelle du Conseil d’État, resté inflexible “face à la menace d’une dislocation de la cohésion nationale” et, récemment encore, par un vote négatif du le 27 octobre 2015.

Si la France des traditions linguistique provinciales perdure naturellement et s’exprime périodiquement via les manifestations culturelles et fêtes laïques ou votives, le terme de minoritaire pourrait exiger la reconnaissance de pas moins de 75 langues régionales – voir ici –, ce qui créerait un étonnant et burlesque puzzle revendicatif ! Sauf à privilégier quelques parlers dominants, ce qui insulterait alors la belle égalité républicaine !

Mais, charte ou pas, la diversité reste bien honorée dans l’Hexagone, comme dans les territoires d’outre-mer. Aux distinctions géographiques s’ajoutent désormais les particularismes d’importation et leur par de zélés promoteurs. Et, en dépit des réserves exprimées plus ou moins officiellement, les langues d’origine sont enseignées. J’en ai encore eu la preuve en lisant cette annonce à l’entrée de l’école publique la plus proche de chez moi, sous l’indication “Etude de la Langue et de la Culture d’Origine” (sic) à destination des élèves du CE1 au CM2.

Le titre général de l’affiche indique qu’il s’agit de cours d’arabe, ce qui ne laisse pas de m’interroger. S’agit-il d’arabe littéral ou dialectal ? Dans le premier cas, ce serait anticiper sur les capacités d’écoute et d’ des élèves ciblés. Dans le second, ce que je présume plausible, de quel – ou quels – parler communs s’agit-il ? Car l’arabe, de Rabat à Damas en passant par Khartoum, connaît plus de nuances profondes que le français entre Limoges et Montréal.

Si l’enseignement se concentre sur la compréhension entre générations, c’est une initiative que l’on peut admettre, bien qu’elle renforce à l’évidence l’emprise et la ceinture communautaires. Mais, au pire, il permet aux élèves studieux de lire dans le texte et d’entendre les messages factieux émis sur les réseaux et sites prosélytiques du « califat » au drapeau noir, sans passer par l’entremise d’un interprète exilé sur place !

Mais je suppose que les inspecteurs d’académie veillent au grain et viennent contrôler la qualité des cours prodigués et leur contenu…

30 septembre 2016

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