La Légion d’honneur pour Agnès Buzyn : enfin !

buzyn

À l’heure où nous écrivons ces lignes, Agnès Buzyn doit peaufiner sa mise en pli avant d’aller rejoindre le palais de l’Élysée où Emmanuel Macron lui remettra la croix de chevalier de la Légion d’honneur. À ses côtés, Nicole Belloubet, garde des Sceaux de 2017 à 2020, recevra la cravate de commandeur. On dira que c’est une « Spéciale Journée de la femme », puisque, dans un autre genre, fait partie de la fête Véronique de Villèle, ancienne animatrice de l’émission culte des années 80 « Gym Tonic » (Véronique et Davina, ça vous dit sans doute quelque chose).

Si Nicole Belloubet appartient à la promotion du 1er janvier 2023 avec la fine équipe des remerciés du suffrage universel, Agnès Buzyn, elle, avait été nommée au Journal officiel, le 31 décembre 2021. Tant que cette remise n’a pas eu lieu, dans les formes prescrites par le Code de la Légion d’honneur, c’est-à-dire la loi, on n’est pas membre de l’ordre et l’on n’a donc pas le droit d’arborer au revers de son veston ou de son tailleur le ruban ou la rosette rouge. Autant dire qu’en général, ça ne traîne pas… Alors, pourquoi avoir attendu plus d’un an avant cette cérémonie ? Mépris pour les décorations ? Excès de modestie de la part de Madame Buzyn ? Ou plutôt volonté de se faire un peu oublier ?

On se souvient, en effet, qu’Agnès Buzyn avait été mise en examen, le 10 septembre 2021, par la Cour de justice de la République pour « mise en danger de la vie d’autrui » à la suite d’une enquête diligentée sur la gestion de l’épidémie de Covid-19. Décorer une mise en examen aurait sans doute fait un tantinet désordre sous les ors de la République. Dieu merci pour elle, le 20 janvier dernier, l’assemblée plénière de la Cour de cassation a annulé la mise en examen prononcée par la commission d’instruction de la Cour de justice de la République (CJR). Celle qui, par ailleurs, le 29 juillet 2022, a été nommée en Conseil des ministres conseillère maître en service extraordinaire à la Cour des comptes est passée sous le statut plus confortable de témoin assisté et ne sera donc pas traînée devant la CJR pour y être jugée. Cette affaire réglée, Madame Buzyn peut donc, sans rougir, venir se faire épingler par le chef de l’État le ruban rouge. Entre nous soit dit, ce sera sans doute une bien belle cérémonie. D'aucuns diront... entre-soi.

Georges Michel
Georges Michel
Editorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

41 commentaires

  1. Récompenser le mensonge « pour servir » son chef, c’est tout-à-fait dans l’esprit du quinquennat MACRON. Le conflit d’intérêts du couple n’existe que dans l’esprit des morts du Covid . . . ils n’ont plus droit à la parole.

  2. L’équivalent civil de la Cour Martiale n’existe pas. Et pourtant ! Madame Buzyn a bien déserté devant l’ennemi, en totale connaissance de cause ! Selon ses propres affirmations, elle savait que le virus Covid allait faire de gros dégâts quand elle a préféré se présenter à Paris, avec d’ailleurs le piteux résultat que l’on sait. Une ministre de la santé qui abandonne son poste devant un virus contre lequel la guerre serait déclarée, qu’est-ce d’autre qu’une désertion ? La Dame n’a agi que sur ordre de la présidence. Soit. C’est plutôt une circonstance aggravante. Toujours est-il qu’après un long moment de discrétion un haut grade de la Légion d’Honneur lui est accordé. On hallucine ! Mais on comprend bien qu’il s’agit d’une forme de récompense pour service (mal) rendu à la cause électorale présidentielle. Ainsi va notre Pays !

  3. Je trouve ça plutôt risible, dans toutes dictatures ils se décorent les uns les autres, donc rien d’anormal.

  4. C’est devenu très convenu d’être décoré de la Légion d’honneur maintenant. Un humoriste ? disait « qu’il ne suffisait pas de l’avoir, encore faut-il ne pas l’avoir méritée »… G. Jugnot ( acteur ) racontait un jour qu’en allant rendre visite à sa mère avec sa toute nouvelle Légion d’ honneur, celle-ci lui aurait dit :  » tu as la Légion d’honneur, toi ? , en quel honneur ? Ton grand-père qui a fait la guerre de 14-18, ne l’a pas eu lui !  » Tout est dit…

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