Editoriaux - Industrie - Politique - Table - Tribune - 26 novembre 2016

Débat de la primaire : des invités qu’on n’attendait pas

Le dernier débat s’est achevé et nous avons devisé de choses et d’autres, sur un ton différent des attaques du début de semaine, tellement neutre que je me suis assoupi ; on nous avait promis une présentation de deux programmes ; le temps a manqué, on n’a parlé que d’un…

La virulence feutrée s’est manifestée sur le sujet de l’avortement, qui ne faisait pas partie du débat ; s’est-il invité ou l’a-t-on invité ?

Il semble qu’Alain Juppé l’ait invité en usant de la jurisprudence Zemmour en début de semaine.

Souvenez-vous de l’interview donnée par Éric Zemmour au journal Corriere della Sera à cause de laquelle il a été condamné pour provocation à la haine ; les faits qui lui ont été reprochés sont d’avoir émis l’hypothèse de la déportation de musulmans. Le mot “déportation” est dû à une mauvaise traduction et Zemmour n’a pas du tout tenu ces propos, qui résultent d’une extrapolation de l’écrit du journaliste.

Il s’ensuit donc la jurisprudence que l’on pourrait résumer ainsi : « Vous êtes responsable des propos que vous auriez pu tenir à partir du moment où un homme de bien décide que vous auriez pu les tenir. Que vous les ayez tenus ou pas n’a aucune importance. » Très pratique, dans notre monde de la bien-pensance.

Donc, le tonton flingueur l’utilise pour dézinguer son rival surpris et sommé de s’expliquer sur ses relents nauséabonds, son obscurantisme, son caractère réactionnaire… que personne n’avait remarqués au cours de ses 35 ans de vie politique.

Le sujet s’est, en fait, invité au débat tout seul.

La décrépitude dans laquelle notre pays se trouve plongé prend ses racines dans l’affrontement entre la droite et la gauche, se revendiquant du siècle des Lumières, mais en réalité issu des gesticulations d’une bande d’enfants gâtés à partir de mai 68. On oppose à l’ordre établi, fondé sur les lois naturelles et l’existence des corps intermédiaires – dont la famille n’est pas le moindre -, la transgression perpétuelle et la désintégration obsessionnelle des limites.

Lorsque l’on dit que la femme a conquis la maîtrise de son corps, on veut nous faire croire qu’un enfant à naître est juste une excroissance de son corps alors qu’il est le fruit d’un acte immuable réunissant deux êtres de sexe différent.

Idem avec le mariage pour tous dont la loi, passée aux forceps, véhicule en elle pas grand-chose d’autre que la volonté de transgression substituée à la loi naturelle, ce qui la rend vicieuse parce qu’elle induit de facto la généralisation de la fabrication industrielle d’êtres humains.

Or, il sera strictement impossible à quiconque de revenir à une politique dite « de droite », à laquelle aspirent probablement la majorité des Français, sans que ces sujets de fond ne s’invitent naturellement à table et, en l’occurrence, le rétablissement des corps intermédiaires dont, fondamentalement, la famille.

Les coups de rein de certains réfractaires, les tribunes d’artistes, les gesticulations des Fourest, Joffrin, Romero et autres Roger-Petit ne sont que piqûres de moustiques sur ces sujets ; la France des convictions l’emportera sur la France des subventions.

Ce n’est pas tout de faire barre à droite et de lancer des incantations, après avoir flirté pendant des décennies avec un esprit gauchisant. Il est à craindre que les dirigeants issus de cette droite molle aient bien du mal à être ceux qui nous débarrasseront définitivement de Mai 68.

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