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Discours - Editoriaux - Le débat - Politique - Réflexions - Table - 29 octobre 2016

Copé le Meauxdit est de retour parmi les siens

On tombe, on est au fond du trou puis on remonte, on respire, on est revenu.

Cette chute puis ce retour sont la structure de grands romans ou de films magiques. Ils sont aussi au cœur de certains destins politiques.

Je songe, par exemple, à celui de , que les hasards de mon existence m’ont permis de côtoyer ces derniers mois.

Sa décision de se présenter à la primaire LR, parce qu’il avait jugé que son statut de témoin assisté, dans l’affaire Bygmalion, lui laissait enfin les coudées franches, ne m’est jamais apparue ridicule.

Son énergie, son intelligence, sa mémoire, son espérance sont fascinantes pour qui a tendance à estimer trop vite que les jeux sont faits. Une volonté propre aux politiques qui s’effraient rarement des gouffres parce qu’ils devinent le sursaut qu’ils susciteront.

Il y a eu le débat entre les candidats sur TF1. Je considère que, sur le plan technique, pour la forme, la spontanéité et l’aisance, Jean-François Copé a été le meilleur ; il a bénéficié non seulement de son talent mais aussi de cette liberté, de cette décontraction que l’absence d’enjeu véritable procure à ceux qui, lucides, savent ne devoir compter que sur eux.

Ses prestations, ici ou là, aussi remarquables qu’elles ont pu être dans un monde politique qui, à quelques exceptions près, n’a plus de réelle familiarité avec la parole improvisée, ne feront pas bouger d’un pouce les sondages qui le créditent d’un très faible pourcentage. Il le sent, il le sait et j’estime cette capacité, face à la certitude de la défaite, de faire semblant de croire que la victoire est possible.

Dans son discours et son programme, j’apprécie son insistance sur "la droite décomplexée" parce qu’elle n’a rien à voir avec la droite extrême, encore moins avec l’extrême droite, mais tout simplement avec cette conviction civique que la gauche n’a plus à être le modèle, la référence et que la droite doit profondément assumer son identité, ses valeurs sans s’excuser en permanence d’exister et d’avoir de meilleures solutions à proposer que ses adversaires.

Jean-François Copé est revenu dans l’actualité, par le petit bout de la lorgnette, parce qu’il n’a pas su donner le prix d’un pain au chocolat (Europe 1). Immédiatement, la machine aux poncifs s’est remise à fonctionner, et en particulier celui de la déconnexion qui opposerait le peuple aux élites. Si elle est véritable, ce n’est pas cet exemple qui mérite d’être mis en exergue. Comment peut-on soutenir que cette ignorance, cette erreur interdiraient à un candidat de postuler à la charge suprême et d’être, par exemple, remarquable pour l’élaboration d’une politique économique et sociale ? Cette démagogie est insupportable qui, faute d’avoir des politiques capables d’une vision à long terme, prétend au quotidien les enfermer dans un minimalisme dérisoire et en tirer des conclusions absurdes !

Quant à l’ancienne polémique du 5 octobre 2012 à la suite de sa déclaration sur un pain au chocolat et le ramadan, on aurait bien tort de se gausser de lui aujourd’hui, sauf à lui reprocher d’avoir monté en épingle un épisode peut-être dérisoire mais précurseur de conflits préoccupants.

J’ai conscience que ces réflexions, cette chronologie laissent de côté l’essentiel. Qui est, pour Jean-François Copé, une résurrection. On le voit, il s’exprime, il tient le choc, il côtoie François Fillon, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et les trois autres. Il est revenu. Comme si, après avoir disparu, il avait franchi l’épreuve, surmonté le danger. La primaire comme la preuve qu’il avait relevé le défi du rite initiatique, et peu importe le résultat. Le sentiment d’appartenance est restauré et ce n’est pas rien.

Présent à nouveau parmi les siens, Jean-François Copé n’est plus Meauxdit !

Extrait de : Jean-François Copé n’est plus Meauxdit !

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