Les pères de la Constitution de la Ve République, sous l’œil vigilant du Général, ont commis une erreur majeure : la possibilité de réviser le texte fondateur par le vote de lois constitutionnelles en Congrès. Ils ont ainsi assuré la prééminence des élus sur le peuple.

Confiant peut-être en la probité et la dignité de nos gouvernants, sinon que la fonction créa l’organe, c’est lui-même qui a mis le ver dans le fruit. C’est ainsi que les principes essentiels qui assuraient l’esprit de notre Constitution ont pu être bafoués par nos “élites politiques”, à savoir et en premier lieu la du peuple et l’indépendance de la nation.

J’espère donc une révision de la Constitution par voie référendaire qui interdise toute modification hors décision explicite du peuple consulté sur des principes et des propositions clairs et faciles à entendre.

Mais il y a autre chose qui dysfonctionne, c’est le Conseil constitutionnel. Ce dernier n’aurait jamais dû accepter la révision de 2008, à savoir l’intrusion du traité constitutionnel de l’ dans notre Constitution. Traité qui, on s’en souvient tous, et en particulier ceux qui ont voté contre, fut clairement rejeté lors du référendum organisé en 2005.

N’oublions pas aussi que c’est lui-même, en tant que président du Conseil constitutionnel, qui a confessé avoir fait valider après moult péripéties les trucages des comptes de des candidats Balladur et Chirac en 1995.

Il faut en finir, les brigands qui nous dirigent nommant d’autres brigands pour les contrôler !

La Constitution doit offrir une garantie de neutralité et de compétence du Conseil constitutionnel. Cette réforme indispensable doit passer par la désignation de ses membres au tirage au sort à partir d’un panel de personnes qualifiées, enseignants de droit constitutionnel, de droit public, représentants de la civile spécialistes de ces mêmes matières… aucun de ces membres n’ayant un mandat en cours ou passé.

Mais ces dispositions, aussi restrictives qu’elles soient, doivent également être confortées par le référendum d’initiative populaire dans des conditions raisonnables et sans obligation de recevoir un quelconque quitus des parlementaires.

Alors, et alors seulement, nous aurons repris en main notre destin. Parce qu’il faut mettre un terme à cette idée préconçue selon laquelle le peuple ne peut pas se gouverner, n’est pas capable d’apprécier, comme le disait de Gaulle, la raison suprême de l’État. Grâce au Net et aux réseaux sociaux, de plus en plus de citoyens sont informés sur la réalité des choses, aptes à chercher les opinions éparpillées pour construire leur propre credo. Réunis, nous sommes de moins en moins bêtes, de moins en moins ignorants. Je considère que, collectivement, nous sommes assez grands pour savoir quelles briques nous voulons pour construire notre destin commun.

28 septembre 2014

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