Cette année, 142 distributeurs automatisés de billets auront été dévalisés à cause de nouvelles techniques mises au point par les braqueurs. Pour eux, pas de problème : “Ça gaze !”

Avant, il fallait trouver un lieu désert calme et paisible, souvent un village. Ensuite, pour ne pas voir rappliquer les pandores, telle la cavalerie américaine, cadenasser le portail de la gendarmerie ou mettre un véhicule en travers. Puis voler une voiture bélier pour la lancer contre le distributeur et enfin terminer le travail par l’arrachage du DAB avec un fourgon à élingue, avant de prendre la fuite au bout de 20 à 30 minutes. Alors seulement, les délinquants repéraient un coin tranquille pour ouvrir le coffre et charger le butin dans une voiture puissante.

Pour ces spécialistes du casse, l’opération restait trop lente ; de plus, dans la lutte « gendarmes contre voleurs », les premiers avaient trouvé la parade et ne laissaient plus leurs véhicules d’intervention dans la cour de la caserne.

Depuis le début de l’année, les choses ont pris une autre tournure. Car si le progrès n’attend pas, les criminels non plus. Aussi ont-ils réduit délais et “coûts” en main-d’œuvre et véhicules. Aujourd’hui, ils n’ont besoin que de cinq à dix minutes, de deux hommes minimum et d’un seul véhicule pour rafler l’argent. Pour cela, ils utilisent des bouteilles d’oxygène ou d’acétylène dérobées sur les chantiers, dont ils déversent le gaz à l’aide de tuyaux dans les DAB jusqu’à ce que le mélange sature ces derniers. Il suffit enfin de déclencher une étincelle à distance qui fait exploser le coffre et donne accès aux valises bourrées de billets.

Système ingénieux, certes, mais qui s’apparente à une bombe incendiaire capable de mettre le feu à l’immeuble ou, pire, de le faire s’effondrer. Les enquêtes sont difficiles mais, heureusement, la traque des véhicules ou des portables est facilitée par le suivi géographique. À partir des bornes des opérateurs disposées sur le territoire national, les positions sont relevables et les propriétaires identifiables.

Hélas, un arrêt du 22 octobre de la Cour de cassation rend illégale la géolocalisation des portables lors d’enquêtes préliminaires, c’est-à-dire dans 70 % des cas. Ceci a amené le ministère de la Justice à suspendre le cours des enquêtes si une autorisation du juge n’est pas jointe à la procédure. Quant aux affaires déjà jugées, les détenus n’ont plus qu’à faire annuler leur procès. Ils vont pouvoir sortir par flots entiers.

En attendant, les gendarmes viennent d’arrêter deux équipes, l’une dans le midi, dérivée du banditisme marseillais, l’autre appartenant au monde des gitans sédentarisés dans l’est de la France. Ces derniers ont 22 attaques à leur actif : il a d’ailleurs fallu le GIGN pour procéder aux arrestations car ces malfrats ont la gâchette facile. Eh oui, les attaques de banques ont bien changé depuis l’époque du Far West et les Indiens aussi !

Vous me direz, voilà enfin une raison de se réjouir, car cette petite entreprise est basée en France et, même si la main-d’œuvre n’est pas toujours autochtone, elle ne peut que se développer. Il faudrait peut-être en parler à monsieur Montebourg ?

En attendant, il faut bien remplacer tous ces distributeurs détruits. Et, dans la foulée, pourquoi ne pas changer les actuelles 58.000 billetteries par des appareils plus sécurisés… Comment ça, qui va payer ? Mais les Français… comme DAB !

19 novembre 2013

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