Editoriaux - International - Politique - 26 septembre 2015

22 % de Syriens trouvent que Daech a une influence positive

Un sondage révélateur vient d’être réalisé en Syrie. 82% des habitants de ce malheureux pays pensent que l’émirat islamique est une création des États-Unis ! 50 % sont opposés aux frappes aériennes occidentales en Syrie et 22 % pensent que l’État islamique a une influence positive…

Les soutiens du calife autoproclamé ne sont peut être pas majoritaires, mais leur nombre est important. On est loin de l’image véhiculée en Occident d’un émirat qui ne s’impose que par la terreur. Il rencontre une forte adhésion et beaucoup se reconnaissent en lui. Et la révulsion que nous inspirons est tellement forte qu’elle rend illusoire tout envoi de troupes occidentales pour combattre les islamistes. Aucune victoire n’est possible sans le soutien de la population, et celui-ci nous fera éternellement défaut.

Finalement, ce sondage prouve que la politique actuelle est sans doute la moins mauvaise possible. Nous protégeons les Kurdes, qui ne sont pas des alliés extraordinaires mais sont les seuls sur qui nous pouvons nous appuyer. Nous sécurisons les champs de pétrole de l’Irak. Et nous comptons sur la Russie et l’Iran pour protéger les côtes méditerranéennes et le .

Une seule modification à la stratégie jusque-là suivie semble indispensable et sera, sans doute, bientôt mise en œuvre : créer au nord de la Syrie une zone tampon protégée par l’armée turque et l’aviation occidentale. On installera, dans cette enclave nécessairement réduite en superficie, des camps pour abriter un ou deux millions de réfugiés, ce qui soulagera d’autant la pression migratoire.

Pour le reste, on laisse le temps au temps.

La Syrie n’est qu’un vaste champ de batailles confuses et désordonnées, et les combats les plus fréquents et les plus meurtriers ne sont pas ceux qui opposent les troupes d’el-Assad à Daech mais ceux qui mettent aux prises les innombrables factions islamiques entre elles.

C’est une guerre sans fin où tous les coups sont permis et où l’Occident ne joue pas le rôle d’arbitre mais de boutefeu. On s’arrange pour que personne ne prenne le dessus et on ravive les conflits dès qu’ils s’apaisent.

Non, les États-Unis n’ont pas crée Daech comme le croient les Syriens, mais ils le combattent modérément et s’en servent, d’une certaine façon, comme pion dans un jeu trouble et complexe.

La guerre n’est pas près de finir en Syrie !

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