Editoriaux - People - Table - 14 février 2015

Un flic derrière chacun de nous ?

Selon le magazine Closer, Julie Gayet a fait le 5 février un aller-retour à Rennes pour assister au tournage d’un film qu’elle produit. Le monospace et les deux agents de sécurité utilisés pour le déplacement de l’actrice, après renseignement, appartiennent à l’État. Questionné par le magazine people sur ce déplacement, l’Élysée a tenu à faire un seul commentaire : « Il n’y avait pas lieu de faire de commentaire. »

Je ne vous ferai pas l’offense de vous dire qui est Julie Gayet. La photo dans les jardins de François et de la nouvelle égérie des César avait provoqué la mutation de cinq membres du « service privé » du Président. Heureusement, DSK n’est pas devenu chef de l’État. Car il aurait affolé les services de sécurité et multiplié par dix leurs effectifs.

Après être passé du scooter au monospace, la poulette est passée de la rue du Cirque à la grille du Coq (entrée secondaire donnant sur les jardins de l’Élysée). Ceci sans que rien d’officiel ne soit précisé par les services de la présidence. Le plus ahurissant dans ce vaudeville courtelinesque n’est pas ce déplacement sous escorte mais la réaction du ministre des Finances. Questionné par i>Télé sur le déplacement privé de Julie Gayet, notre beau « Sapin » affirme : « Je connais beaucoup de personnes privées qui peuvent être soumises à un certain nombre de menaces… Dès lors qu’on est dans le public, que tel ou tel commentaire est fait sur votre situation personnelle, il peut y avoir des menaces et dès qu’il y a des menaces CONTRE QUELQUE PERSONNE QUE CE SOIT » – rappelant au passage les « derniers événements dramatiques en France » -, « la République est là pour protéger TOUS les citoyens. »

Oui, vous avez bien lu, ce n’est pas une coquille dans le texte, le contrôleur de nos maigres deniers a bien dit TOUS les citoyens. Je peux vous dire qu’après un tel unanimisme, Cazeneuve a intérêt, tel Superman, à se démultiplier. Maintenant, nous savons que la petite vieille habitant le XVIIIe près de Barbès peut aller à la poste chercher ses maigres économies bras dessus bras dessous avec un policier. Que le buraliste de la rue des Abbesses n’a plus qu’à aller au commissariat commander son fonctionnaire. Que le lycéen des quartiers nord de Marseille peut exiger son garde du corps et que l’étudiante prenant la ligne 13 doit réclamer à la préfecture. Mais, au fait, Julie Gayet est-elle véritablement menacée ? Réponse du roi des forêts : « Je n’en sais rien, mais j’imagine que des notoriétés de toute nature peuvent entraîner des menaces. »

Avec de tels propos ubuesques, sa carrière sent le Sapin !

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