Moody’s serait-il aussi incompétent que notre gouvernement ?

Romancier, écrivain, blogueur
 

La sentence tant attendue est finalement tombée : la France conservera son AA1, mais accompagné d’une perspective négative pour marquer le coup. Ne nous méprenons pas : je ne suis pas de ceux qui souhaitent que notre pays tombe de plus en plus bas pour participer au catastrophisme ambiant et ensuite crier « vous voyez, j’avais raison ».

Mais force est de constater que la logique des agences de notation m’échappera toujours. Sans rentrer dans une bataille de chiffres, bien inutile, on se souvient que le triple A de la France avait été abaissé sur la fin du règne Sarkozy. Pourtant, et de l’avis de (presque) tous, l’ancien président de la République avait géré d’une main de maître cette crise destructrice qui avait laminé, entre autres, les pays du sud de l’Europe. Il a été récompensé par ce couperet. On se souvient pourtant être passés à deux doigts de la catastrophe (ou de la chance historique, selon les points de vue de chacun) d’une explosion de la zone euro et de sa monnaie. Qu’on le veuille ou non, que l’on soit partisan ou ennemi, Nicolas Sarkozy a effectivement donné à la France une bouffée d’air frais.

Alors que le gros de la crise est derrière nous (selon le gouvernement actuel), une agence décide donc de nous envoyer circuler. Il n’y a rien à voir, tout va bien. Je suis le premier ravi de l’apprendre. Après François Hollande, bien sûr, qui ne pouvait espérer meilleure nouvelle en ce moment. Comme le diable se cache dans les détails, c’est la perspective négative de Moody’s qu’il faut relever. Cette phrase sonne comme un détail, mais elle est pourtant tout ce qu’il y a à retenir de cette annonce. Ce détail, c’est que la France n’a aucun plan pour réduire les déficits. Un peu d’impôts par-ci par-là, une réduction des budgets militaires (entre autres) alors que – et je le dis sans exagérer – une troisième guerre mondiale est à nos portes, ou encore une enveloppe donnée aux entreprises qui se sera évaporée en dividendes avant la fin de l’année prochaine.

Structurellement, absolument rien n’est fait pour assainir nos finances et regarder la vérité en face. Il s’agit d’idéologie, entendons-nous bien. Suppression de l’Aide médicale d’état (AME), suppression du regroupement familial, diminution drastique de l’immigration afin de rediriger ces flux vers de l’immigration de travail qualifié, application de la très mal nommée préférence nationale, impôt sur le revenu payé par tous les Français (même symboliquement), réelle lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale, libération du Code du travail, renationalisation des sociétés d’autoroutes, réduction du nombre de fonctionnaires mais avec de meilleurs salaires, alignement des régimes de retraite…

Ce sont là quelques pistes de bon sens appliquées dans (presque) tous les pays du monde, mais en France, c’est un programme d’extrême droite, paraît-il. Et c’est là qu’on constate les ravages de notre passé et notre tendance à l’autoflagellation. En France, si l’extrême droite dit que la terre est ronde, il faut répondre qu’elle est plate, pour maintenir la digue sanitaire.

Quoi qu’il en soit, l’opération communication du gouvernement a fonctionné à merveille : Moody’s a préféré également se voiler la face et nous pouvons tous retourner à nos feuilles d’impôts : tout va bien. Pour le moment.

Faites découvrir cet article à vos amis...
Cliquez sur J'aime !

Recevez gratuitement nos articles !


AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

Les commentaires sur cette page sont fermés.