Lutte contre le SIDA - USA

SIDA aux États-Unis : la communauté homosexuelle coupable ?

 

Le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), agence gouvernementale américaine, vient de sortir une plaquette sur l’épidémie de SIDA. Cette agence estime à 1,2 million le nombre de personnes contaminées, dont un huitième ne seraient pas au courant. Les nouvelles contaminations sont dues pour 63 % à des rapports homosexuels masculins, loin devant les rapports hétérosexuels qui représentent 25 % des nouvelles infections. L’usage de drogue intraveineuse ne représente que 8 %, et pour 3 %, il n’est pas possible de déterminer s’il s’agit d’une contamination par rapports homosexuels masculins ou par usage de drogue. Le nombre de contaminations chez les jeunes (13-24 ans) homosexuels a progressé de 22 % depuis 2008. Les personnes « transgenres » sont également fortement touchées. En effet, 28 % d’entre elles ont été diagnostiquées positives au VIH.

Parmi les statistiques ethniques, on remarque que la population afro-américaine est de loin la plus touchée, avec 103,6 nouvelles infections pour 100.000 hommes. La population latino semble moins touchée en valeur absolue, mais une fois rapportée à leur population, on obtient 45,5 nouvelles infections pour 100.000 hommes, là où la population blanche n’a que 15,8 nouvelles infections pour 100.000 hommes. Les hommes sont également plus touchés que les femmes.

Parmi les facteurs avancés sur un point de vue sociologique, le CDC avance la pauvreté, la barrière de la langue et les taux d’incarcération plus important chez certains groupes. Plus étrange, l’agence y ajoute aussi la plus forte prévalence du virus chez certains groupes, alors que cette forte prévalence est plutôt due au plus grand risque de contamination : le CDC avance également l’homophobie et les discriminations, qui conduiraient certaines personnes à ne pas se faire dépister. Ce manque de diagnostic conduirait, selon l’agence, à un plus grand risque de contamination et de transmission.

Ne devrait-on pas également rappeler les désinformations dans le milieu homosexuel, où l’on entend que X % (en donnant un chiffre inférieur à 50) des personnes atteintes du SIDA sont homosexuels, en omettant de rappeler que les personnes homosexuelles représentent moins de 2 % de la population ? Ainsi, des personnes homosexuelles, ne se sentant pas en si grand danger, ne se font pas dépister. Cette approche ressemble à un sketch de Chevallier et Laspalès, sur l’alcool au volant : « Si seulement 40 % des accidents sont provoqués par des personnes en état d’ivresse, ça veut dire que 60 % sont causés par des personnes n’ayant pas bu, c’est donc eux les plus dangereux ! » La vraie homophobie vient donc du milieu homosexuel, qui préfère désinformer les personnes qu’il prétend protéger, les exposant ainsi à de graves problèmes.

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